Éducation

4 000 postes supprimés dans l'éducation : les profs en grève partout en France

Cinq syndicats ont appelé à une grève nationale mardi, avec jusqu'à 30 % d'enseignants mobilisés. En cause : 4 000 suppressions de postes pour la rentrée 2026.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Illustration education
Illustration education| Photo d'illustration

Jusqu'à 30 % des enseignants du premier degré pourraient se mettre en grève mardi 31 mars, selon les prévisions du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire. Derrière cette mobilisation, un chiffre qui fait mal : 4 000 suppressions de postes d'enseignants, public et privé confondus, sont prévues pour la rentrée 2026. Dont 1 891 dans le premier degré et 1 365 dans le second degré.

Depuis janvier, il ne s'est pas passé une semaine sans grève quelque part

Cette journée nationale n'est pas tombée du ciel. Depuis le début de l'année 2026, la mobilisation couve dans les écoles, collèges et lycées de tout le territoire. Paris, Gironde, Aude, Yvelines annoncent une forte participation. L'académie de Lille est la plus touchée, avec 245 suppressions dans le primaire et 167 dans le secondaire, ce qui en fait le symbole de cette colère enseignante.

Les cinq syndicats qui ont lancé l'appel, FSU, UNSA, CFDT, CGT et SUD, dénoncent des choix budgétaires « court-termistes » qui aggravent la situation d'un service public d'éducation déjà « exsangue ». Un cortège est prévu à Paris à 14 heures au départ de la place du Luxembourg, direction le ministère rue de Grenelle. Le symbole est clair.

La démographie comme argument, les syndicats ne marchent pas

Le ministre de l'éducation nationale, Édouard Geffray, a sorti un chiffre pour justifier les coupes : entre 2019 et 2029, la France va perdre un million d'élèves dans le premier degré, sur un total de 6,5 millions. Moins d'élèves, moins de profs. La logique comptable est simple. Trop simple, répondent les syndicats.

Morgane Verviers, de l'UNSA-Éducation, résume bien la critique : « Cette baisse démographique est utilisée comme une forme d'alibi pour une réflexion mécanique, alors qu'elle devrait être une opportunité pour donner de l'air au système. » Autrement dit, moins d'élèves par classe, ça aurait pu signifier plus de temps pour chaque enfant, un meilleur suivi, des conditions d'apprentissage améliorées. Au lieu de ça, on supprime des postes.

Laetitia Aresu, de la CFDT-Éducation, pointe une autre plaie : « On compte beaucoup sur la bonne volonté des personnels pour que le système fonctionne, et aucune mesure salariale ne vient le reconnaître. » Les profs sont surchargés, sous-payés, et on leur retire des collègues. Difficile de vendre ça autrement que comme un signal de mépris.

Ce mouvement arrive à un moment où la question des métiers de l'enseignement est plus que jamais posée. Si l'État assume d'utiliser la démographie pour faire des économies plutôt que pour améliorer l'école, que restera-t-il comme argument pour convaincre les futures générations de devenir enseignants ?

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