Le compte à rebours d'Artemis 2 a débuté le 30 mars à Kennedy Space Center. La mission, qui enverra quatre astronautes autour de la Lune pour la première fois depuis Apollo 17 en 1972, doit décoller ce 1er avril dans une fenêtre de deux heures s'ouvrant à 00h24 heure de Paris. La météo affiche 80 % de chances favorables, avec les nuages cumuliformes comme seule préoccupation.
53 ans qu'on attendait ça
La dernière fois que des humains ont vu la Lune de près, c'était en décembre 1972. Eugene Cernan et Harrison Schmitt marchaient sur le sol lunaire pendant qu'un monde entier regardait à la télé. Depuis, plus rien. Des décennies de projets abandonnés, de budgets coupés et de priorités changées. Artemis 2 ne posera personne sur la Lune, ce sera pour Artemis 3, mais la mission enverra un équipage de quatre personnes en orbite lunaire. Dix jours de vol, un survol à environ 130 kilomètres de la surface, puis le retour sur Terre.
Charlie Blackwell-Thompson, directrice du lancement, s'est montrée confiante lors du briefing de dimanche. « Toutes les indications montrent que nous sommes en excellente forme. » La fusée SLS et le vaisseau Orion sont prêts depuis le retour sur le pas de tir le 20 mars, après des réparations sur une ligne d'hélium dans le bâtiment d'assemblage. Le travail au pad s'est déroulé en avance sur le planning, au point que la NASA a pu accorder un jour de repos aux équipes le 29 mars.
Les fuites d'hydrogène, le fantôme des tests passés
Le moment critique arrivera environ dix heures avant le décollage, quand commencera le remplissage en carburant de la SLS. Les précédents tests avaient révélé des fuites d'hydrogène liquide au niveau de certains joints, un problème récurrent qui avait déjà retardé Artemis 1 en 2022. Les ingénieurs ont remplacé les joints en Téflon, dont la cause probable de défaillance était un fluage sous contrainte prolongée. Un second test de remplissage complet en février a validé les réparations.
John Honeycutt, président de l'équipe de gestion de la mission, a reconnu que « les gens s'inquiètent » du remplissage, mais il se dit confiant. Les nouveaux joints n'ont pas eu le temps de subir le même vieillissement que les précédents. La fenêtre de tir de deux heures offre aussi une marge de manœuvre si un problème technique ou météo survient dans les premières minutes.
Et après, la surface lunaire
Si Artemis 2 réussit, la voie sera ouverte pour Artemis 3, la mission qui doit poser les premiers humains sur la Lune depuis 1972, dont la première femme et la première personne de couleur à fouler le sol lunaire. Mais la NASA doit encore résoudre le casse-tête du vaisseau d'alunissage, sous-traité à SpaceX avec le Starship HLS, dont le développement accumule les retards. Ce soir, toute l'attention sera sur la SLS et ses quatre passagers. Après 53 ans d'absence, l'humanité va-t-elle enfin reprendre le chemin de la Lune ?