Espace

Artemis II : quelles expériences scientifiques à bord du premier vol habité lunaire ?

La mission Artemis II emporte des expériences de biologie, radiations et navigation lunaire. C'est le premier test scientifique avec un équipage au-delà de l'orbite terrestre depuis 1972.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Illustration espace
Illustration espace| Photo d'illustration

La mission Artemis II, qui doit décoller cette semaine, ne se contente pas d'envoyer quatre astronautes faire un tour autour de la Lune. Le vaisseau Orion embarque une série d'expériences scientifiques conçues pour préparer le retour humain durable sur le sol lunaire. C'est la première fois depuis Apollo 17 en décembre 1972, soit plus de 53 ans, que des instruments scientifiques seront testés avec un équipage humain au-delà de l'orbite terrestre basse.

Mesurer les radiations là où personne ne va plus depuis un demi-siècle

L'un des enjeux majeurs d'Artemis II concerne les radiations cosmiques. Sur la Station spatiale internationale, les astronautes sont partiellement protégés par le champ magnétique terrestre. Au-delà de l'orbite basse, cette protection disparaît. Les astronautes d'Artemis II seront exposés aux rayons cosmiques galactiques et aux particules solaires pendant environ dix jours, et les capteurs embarqués mesureront en temps réel les doses reçues.

Ces données sont cruciales pour la suite du programme. Artemis III prévoit un séjour sur la surface lunaire, et les missions suivantes envisagent des bases semi-permanentes. Sans une compréhension précise de l'exposition aux radiations en dehors du bouclier magnétique terrestre, impossible de concevoir des habitats qui protègent correctement les futurs résidents lunaires. Les données d'Apollo datent de plus de cinq décennies et les instruments de l'époque n'avaient pas la précision de ceux d'aujourd'hui.

Le corps humain face au vide profond, saison 2

Des expériences de biologie sont également prévues à bord. L'objectif est de mesurer les effets physiologiques d'un voyage au-delà de l'orbite basse sur le corps humain : rythme cardiaque, pression intracrânienne, qualité du sommeil, stress oxydatif. On sait que la microgravité affecte les os, les muscles et la vision des astronautes sur l'ISS. Mais les conditions dans l'espace profond sont différentes, et les données manquent cruellement.

La navigation est un autre volet important. Le vaisseau Orion testera ses systèmes de guidage et de communication à des distances où le délai de transmission avec la Terre devient perceptible. Les corrections de trajectoire et les protocoles d'urgence doivent fonctionner avec cette latence. C'est un problème que l'ISS, à seulement 400 kilomètres d'altitude, ne pose pas.

Certains chercheurs restent sceptiques sur la valeur scientifique réelle de la mission, arguant que des sondes robotiques feraient le même travail pour une fraction du budget. Mais les partisans d'Artemis répondent que rien ne remplace un humain capable de s'adapter en temps réel à des situations imprévues, et que ces données biologiques ne peuvent être obtenues qu'avec un véritable équipage.

Si Artemis II réussit, elle ouvrira la porte à des séjours lunaires de plusieurs semaines, puis de plusieurs mois. Mais avant de construire une base sur la Lune, encore faut-il savoir ce que dix jours dans l'espace profond font au corps et à l'esprit. Est-ce que les résultats de cette mission confirmeront que l'humain est fait pour vivre au-delà de la Terre, ou révéleront-ils des limites qu'on n'avait pas anticipées ?

Mots-cles

#artemis-ii#science-lunaire#radiations#nasa#exploration-spatiale

Partager cet article