Dès la rentrée 2026, des milliers d’enseignants devront remettre au centre 2 priorités très claires, le langage et le raisonnement scientifique. Avec cette circulaire, Edouard Geffray veut afficher une école plus exigeante, du primaire au lycée, et un baccalauréat censé mieux mesurer le niveau réel des élèves.
Le message du ministre, remettre les bases au premier plan
Dans sa circulaire de rentrée, le ministre de l’éducation nationale défend une idée simple, avant de multiplier les dispositifs, il faut renforcer les fondamentaux. Concrètement, il demande aux équipes pédagogiques de concentrer davantage leurs efforts sur la maîtrise de la langue, l’expression écrite et orale, mais aussi sur la logique, le calcul et la culture scientifique. L’objectif affiché est de donner aux élèves des repères solides, à un moment où les résultats scolaires et les inégalités de niveau inquiètent toujours.
Le signal est aussi politique. En parlant d’exigence, Edouard Geffray cherche à rassurer les familles qui ont le sentiment que l’école peine parfois à transmettre l’essentiel. Pour les profs, cela peut se traduire par des priorités plus resserrées, des évaluations davantage mises en avant et une pression accrue sur les apprentissages jugés fondamentaux. Dit autrement, moins de dispersion, plus de recentrage.
Un baccalauréat plus sérieux, ou plus sélectif ?
Le ministre assume aussi vouloir un baccalauréat placé sous le signe de l’exigence. Derrière cette formule, il y a la volonté de redonner du poids à l’examen, dans un contexte où beaucoup critiquent sa lisibilité depuis les dernières réformes. La question est sensible, parce que le bac reste à la fois un symbole national, un passeport pour l’enseignement supérieur et un baromètre du niveau scolaire.
Si la ligne ministérielle se confirme, les lycéens peuvent s’attendre à un cadre plus strict, avec une attention renforcée sur la qualité de l’expression, la rigueur du raisonnement et la cohérence des connaissances. Sur le papier, l’idée paraît difficile à contester. Dans la réalité, tout dépendra des moyens, du temps de classe et de l’accompagnement des élèves qui décrochent déjà. L’exigence sans soutien, ça peut vite tourner à la sélection déguisée.
Ce que ça peut changer pour les élèves dès septembre
Pour les 18-35 ans qui suivent l’actu de l’éducation, le vrai sujet est là, cette politique va-t-elle améliorer le niveau ou simplement durcir le ton ? Dans les établissements, on peut imaginer davantage d’attention portée aux automatismes en français et en maths, à la lecture, à l’argumentation et à la méthode. Ce n’est pas forcément spectaculaire, mais c’est souvent là que se jouent les écarts de réussite.
Reste une question de fond, comment rendre l’école plus exigeante sans la rendre plus anxiogène ? Si le ministère veut convaincre, il devra prouver qu’exiger plus ne signifie pas seulement noter plus sévèrement, mais aussi mieux faire apprendre. Et c’est peut-être là que se jouera la vraie rentrée.