Bitfarms, l'une des plus grosses entreprises de minage de Bitcoin cotées en bourse, a annoncé vouloir se débarrasser de l'intégralité de ses 1 827 bitcoins restants. L'objectif : réinjecter le capital dans des centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. Le cours du BTC stagne autour de 67 000 dollars, et le mineur canadien préfère parier sur l'IA plutôt que sur une hypothétique remontée.
Quand miner du Bitcoin ne rapporte plus assez
Le minage de Bitcoin, c'est une activité qui dépend de deux variables : le prix du BTC et le coût de l'électricité. Depuis le halving de 2024, la récompense par bloc miné a été divisée par deux, passant de 6,25 à 3,125 BTC. Pour les entreprises comme Bitfarms, ça veut dire deux fois moins de revenus en bitcoins pour la même consommation énergétique. Si le prix du BTC avait explosé pour compenser, tout irait bien. Mais à 67 000 dollars, dans un marché baissier depuis six mois, les marges se compressent dangereusement.
Bitfarms n'est pas la seule entreprise de minage à faire ce constat. Depuis un an, plusieurs acteurs du secteur ont commencé à diversifier leurs activités vers le calcul haute performance et l'hébergement de modèles d'IA. La logique est simple : les data centers de minage sont déjà équipés de GPU puissants et d'infrastructures de refroidissement. Convertir ces installations pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle demande des investissements, mais le potentiel de revenus est bien supérieur.
Zéro bitcoin au bilan, le pari radical
Ce qui distingue Bitfarms des autres, c'est la radicalité de la décision. L'entreprise ne diversifie pas, elle pivote complètement. Zéro bitcoin au bilan, c'est un message fort envoyé aux investisseurs : on ne croit plus que le minage seul suffira à générer de la valeur à long terme. La direction a confirmé lors de sa dernière conférence sur les résultats du quatrième trimestre que la vente des BTC restants servira à financer la construction de nouveaux data centers orientés IA.
Pour les maximalistes Bitcoin, c'est presque une trahison. Une entreprise dont la raison d'être était de sécuriser le réseau Bitcoin en validant des transactions décide de tout lâcher pour suivre la hype de l'IA. Mais du point de vue financier, le calcul tient. Les contrats d'hébergement IA offrent des revenus prévisibles et récurrents, là où le minage dépend d'un cours volatile et d'une difficulté réseau qui ne cesse d'augmenter.
Le cas Bitfarms pose une question plus large sur l'avenir du minage de Bitcoin. Si les infrastructures les mieux financées quittent le navire pour l'IA, qui va continuer à sécuriser le réseau ? Et surtout, est-ce que d'autres gros mineurs cotés en bourse vont suivre le même chemin avant la fin de l'année ?