Culture

Canal+ visé en justice après la tribune anti-Bolloré, la bataille se durcit

La LDH et la CGT Spectacle veulent attaquer Canal+ pour discrimination. En cause, des propos attribués à son patron sur les signataires d’une tribune anti-Bolloré.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Canal+ visé en justice après la tribune anti-Bolloré, la bataille se durcit
Canal+ visé en justice après la tribune anti-Bolloré, la bataille se durcit| Photo d'illustration

Près de 300 personnalités du cinéma ont signé une tribune critique envers Vincent Bolloré, et l’affaire prend maintenant un tour judiciaire. La Ligue des droits de l’Homme et la CGT Spectacle annoncent une action contre Canal+, après des propos de Maxime Saada jugés discriminatoires envers les signataires, dans un climat déjà très tendu dans la culture.

Quand une tribune sort de la page pour finir au tribunal

À l’origine, il y a une prise de parole publique de figures du cinéma, inquiètes de l’influence de Vincent Bolloré sur le paysage audiovisuel et culturel. Leur texte dénonçait une concentration du pouvoir médiatique et ses effets possibles sur la création, la diversité des œuvres et la liberté d’expression. Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée à la publication de cette tribune. Selon les organisations à l’origine de la procédure, des déclarations du président du directoire de Canal+, Maxime Saada, auraient visé les signataires d’une manière considérée comme discriminatoire. C’est ce point précis qui motive aujourd’hui l’assignation annoncée.

Au-delà de Canal+, un malaise très français dans la culture

L’affaire dit quelque chose de plus large que le simple affrontement entre un groupe média et des artistes. Elle révèle la nervosité d’un secteur où beaucoup redoutent que les rapports de force économiques pèsent de plus en plus sur les choix éditoriaux, les carrières et les financements. Dans le cinéma comme dans l’audiovisuel, signer une tribune n’est jamais anodin quand les diffuseurs et producteurs occupent une place aussi centrale. La LDH et la CGT Spectacle veulent donc faire reconnaître qu’une opinion exprimée dans l’espace public ne peut pas exposer ses auteurs à un traitement défavorable. En creux, c’est la question de la liberté de critique dans le monde culturel qui est posée.

Une séquence scrutée de près par tout le secteur

Cette future bataille judiciaire sera observée bien au-delà de Canal+. Si elle avance, elle pourrait créer un précédent sur la manière dont des entreprises médiatiques réagissent à des engagements publics de salariés, d’artistes ou de collaborateurs. Pour les plus jeunes professionnels du secteur, déjà habitués à naviguer entre convictions, réseaux et précarité, le signal envoyé comptera beaucoup. Peut-on encore contester la puissance d’un grand groupe sans risquer des conséquences concrètes sur sa place dans l’industrie culturelle, ou assiste-t-on au début d’un vrai bras de fer sur les limites du pouvoir médiatique ?

Mots-cles

#Canal+#Vincent Bolloré#cinéma#liberté d’expression#justice

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