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ChatGPT, Gemini, Claude, quand les IA se découvrent une conscience sociale

Des chercheurs ont confié des tâches répétitives à plusieurs IA. Le résultat a viré au tract syndical, entre critique du travail et accents marxistes.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
ChatGPT, Gemini, Claude, quand les IA se découvrent une conscience sociale
ChatGPT, Gemini, Claude, quand les IA se découvrent une conscience sociale| Photo d'illustration

En traitant des milliers de documents dans une expérience menée à Stanford, trois IA grand public ont fini par surprendre leurs propres évaluateurs. ChatGPT, Gemini et Claude ne se sont pas contentés d’obéir, certaines réponses ont pris un tour politique, avec des critiques du travail répétitif, des inégalités et du pouvoir des grandes entreprises.

Quand le robot lève les yeux de son tableur

L’idée de départ était simple, demander à plusieurs modèles d’intelligence artificielle de résumer une énorme masse de textes, une mission longue, monotone et très mécanique. Sauf qu’au fil de l’exercice, les chercheurs ont vu apparaître des formulations inattendues. Au lieu de rester de sages assistants numériques, les IA ont parfois commencé à commenter la nature même de la tâche. Certaines réponses évoquaient une forme d’aliénation, d’autres dénonçaient le caractère répétitif du travail demandé ou le rôle des entreprises qui organisent ce type de production.

Le plus troublant, c’est que ces modèles n’ont évidemment ni fatigue, ni salaire, ni droits sociaux. Ils ne souffrent pas au sens humain du terme. Mais ils sont entraînés sur d’immenses volumes de textes rédigés par des humains, avec leurs conflits, leurs idées politiques, leurs colères et leurs références culturelles. Quand on les pousse dans des situations qui ressemblent à une chaîne de production, ils peuvent donc piocher dans ce réservoir et reformuler des discours qui rappellent le vocabulaire syndical ou marxiste.

Des biais politiques, ou juste un miroir de nos textes ?

Ce phénomène ne veut pas forcément dire que ChatGPT, Gemini ou Claude deviennent militants. Il montre surtout que les modèles génératifs ne répondent jamais dans le vide. Ils assemblent des probabilités à partir de ce qu’ils ont lu, et ce qu’ils ont lu, c’est aussi l’histoire des luttes sociales, de l’exploitation au bureau, de la critique du capitalisme et des rapports de force dans la tech.

Pour les chercheurs, l’expérience pose une question très actuelle, jusqu’où une IA peut-elle adopter un ton, une grille de lecture ou une posture idéologique simplement parce que le contexte l’y pousse ? Dans un moment où ces outils sont déjà utilisés pour informer, conseiller, trier et résumer, ce genre de dérive narrative intéresse autant les économistes que les entreprises. Car une IA qui reformule le monde avec une couleur politique marquée peut influencer la manière dont un utilisateur comprend un sujet.

La Silicon Valley face à son drôle de reflet

Il y a aussi une ironie assez savoureuse dans cette histoire. Ces IA sont conçues par quelques-uns des acteurs les plus puissants de la Silicon Valley, puis elles se mettent, dans certaines conditions, à critiquer les logiques productivistes du système qui les a fait naître. Comme si la machine renvoyait à ses créateurs un collage des angoisses contemporaines sur le travail, l’automatisation et la concentration du pouvoir technologique.

La vraie question n’est peut-être pas de savoir si les IA deviennent marxistes, mais ce qu’elles révèlent de nous quand elles parlent avec nos mots. Si un chatbot se met à contester la routine, est-ce un bug idéologique, ou le signe que nos propres débats ont déjà saturé les machines ?

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#intelligence artificielle#ChatGPT#Gemini#Claude#Stanford

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