En Europe, près de 100 000 personnes sont mortes à cause de la chaleur sur les seules années 2022 et 2023. Pour l’OMS, le message est clair, le changement climatique n’est plus un sujet lointain, c’est une crise sanitaire immédiate, avec des effets concrets sur la mortalité, les maladies et la pression sur les systèmes de soins.
Le climat tape d’abord sur nos corps
Canicules plus longues, incendies, inondations, pollution de l’air, pollen plus agressif, nouvelles maladies transmises par les moustiques, le réchauffement multiplie les risques. L’OMS Europe rappelle que la chaleur tue déjà massivement, en particulier chez les personnes âgées, les bébés, les travailleurs exposés et les habitants des villes très minérales. À cela s’ajoutent les troubles respiratoires liés à l’ozone et aux fumées, les problèmes cardiovasculaires, la déshydratation, les atteintes rénales et l’aggravation de certaines maladies chroniques. Le choc n’est pas seulement physique. Les catastrophes climatiques font aussi exploser l’anxiété, le stress post-traumatique et l’éco-anxiété, surtout chez les plus jeunes.
Des hôpitaux sous pression, une facture qui grimpe
Le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, parle d’une menace pour la sécurité, d’une urgence sanitaire et d’une bombe économique. En clair, quand le climat déraille, les urgences se remplissent, les soignants travaillent dans des conditions plus dures et les infrastructures de santé deviennent elles-mêmes vulnérables aux coupures d’eau, aux vagues de chaleur ou aux inondations. Le coût est double, humain d’abord, financier ensuite. Plus de malades, plus de dégâts, plus d’arrêts de travail, plus de dépenses publiques. Et le paradoxe est brutal, le secteur de la santé contribue aussi aux émissions de gaz à effet de serre, ce qui pousse l’OMS à demander des systèmes de soins plus résilients et plus sobres.
La bonne nouvelle, agir protège aussi la santé
Le point intéressant du message de l’OMS, c’est qu’il ne s’arrête pas à l’alerte. Réduire les émissions peut produire des bénéfices immédiats pour la santé. Moins de voitures thermiques, c’est souvent moins de pollution de l’air et plus d’activité physique si l’on marche ou pédale davantage. Des logements mieux isolés protègent à la fois du froid, de la chaleur et de certaines maladies. Une alimentation avec plus de végétal peut aussi améliorer la santé tout en allégeant l’empreinte carbone. Autrement dit, la lutte climatique n’est pas juste un sacrifice à long terme, c’est aussi une politique de prévention. La vraie question, maintenant, c’est combien de signaux supplémentaires faudra-t-il avant que la santé devienne enfin l’argument central des politiques climatiques ?
