Environnement

COP31 a Belem : un accord contraignant contre la deforestation (et c'est une premiere)

Les 196 parties de la Convention climat ont adopte a Belem un accord juridiquement contraignant pour atteindre zero deforestation nette d'ici 2030. Un fonds de 30 milliards de dollars et des sanctions commerciales sont prevus. Du jamais vu.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·9 min de lecture
Vue aerienne de la foret amazonienne avec la canopee dense et un fleuve serpentant a travers la vegetation
Vue aerienne de la foret amazonienne avec la canopee dense et un fleuve serpentant a travers la vegetation| Photo d'illustration

Les 196 parties de la Convention climat viennent d'adopter a Belem, en plein coeur de l'Amazonie, le premier accord juridiquement contraignant pour mettre fin a la deforestation d'ici 2030. Un fonds de 30 milliards de dollars sur cinq ans, des sanctions commerciales pour les mauvais eleves, et 20 % des fonds reserves aux peuples autochtones. En gros, cette fois, ce n'est pas juste une declaration de bonnes intentions.

Ce qui change par rapport a Glasgow : des dents

Le truc c'est que la declaration de Glasgow sur les forets (COP26, 2021), tout le monde l'avait signee et personne ne l'avait respectee. Cette fois, l'accord de Belem comporte des mecanismes de conformite contraignants. Concretement, chaque pays a des objectifs intermediaires verifiables chaque annee. Et si un pays se retire de l'Accord de Paris ou depasse les seuils de deforestation, ses produits (soja, huile de palme, boeuf, bois tropical) seront frappes de restrictions commerciales. Apres une periode de grace de deux ans, certes, mais quand meme.

30 milliards de dollars : qui paie ?

Les pays industrialises contribueront a 60 % du fonds, le reste viendra de taxes sur les transactions financieres internationales et de contributions du secteur prive. Les fonds seront geres conjointement par la Banque mondiale et un nouvel organe incluant des representants des peuples autochtones. Comme le rappelle Laurence Tubiana, architecte de l'accord de Paris : "Sans transferts financiers massifs vers les pays forestiers du Sud, toute promesse resterait lettre morte." On ne va pas se mentir, c'est le nerf de la guerre.

Les peuples autochtones enfin au coeur du dispositif

Fait notable : 20 % minimum des fonds leur seront directement alloues, et leurs droits fonciers sont proteges par une clause specifique. "Nos forets ne sont pas des puits de carbone abstraits, elles sont nos territoires de vie", a rappele Sonia Guajajara, ministre bresilienne des peuples autochtones. Les ONG saluent la victoire diplomatique, mais le vrai test sera sur le terrain, dans les annees qui viennent. L'accord de Belem est un tournant. Reste a voir s'il sera applique.

Mots-cles

#COP31#deforestation#climat#Amazonie#accord international

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