Le concours de recrutement de professeurs des écoles change radicalement en 2026. Jusqu'ici, il fallait être en Master 2, soit cinq ans d'études après le bac, pour tenter sa chance. Désormais, une licence suffit. C'est la réforme la plus importante du CRPE depuis sa création, et elle vise un objectif simple : attirer plus de candidats vers un métier qui n'arrive plus à recruter.
Bac+3 au lieu de Bac+5 : pourquoi le ministère a lâché du lest
Le constat est connu depuis des années. Les concours de l'enseignement peinent à attirer des candidats. Certaines académies ne remplissent même pas leurs postes. Exiger cinq ans d'études pour un salaire de départ autour de 1 400 euros net par mois, ça ne faisait plus rêver grand monde. En parallèle, 4 000 postes sont supprimés pour la rentrée 2026, ce qui envoie un signal contradictoire assez spectaculaire.
La solution du ministère : ouvrir le concours dès la licence. L'idée est de capter les étudiants plus tôt, avant qu'ils ne s'orientent vers d'autres métiers mieux payés. Une nouvelle licence « professorat des écoles » sera mise en place dès la rentrée 2026, avec un parcours pluridisciplinaire taillé pour préparer le concours. Les deux années de master qui suivent l'admission seront consacrées à la formation, avec des stages en classe et une rémunération.
Deux concours en même temps, le casse-tête de la transition
En 2026 et 2027, deux versions du CRPE coexistent. Le nouveau concours Bac+3 pour les titulaires d'une licence, et l'ancien Bac+5 pour ceux qui sont déjà engagés dans un master MEEF. Un étudiant en Master 1 peut s'inscrire au nouveau concours dès cette année. S'il réussit, il intègre le Master 2 comme fonctionnaire stagiaire à mi-temps, payé pendant sa formation.
Sur le papier, c'est plutôt bien pensé. Les étudiants déjà dans l'ancien système ne sont pas pénalisés, et les nouveaux candidats gagnent deux ans. Mais dans les faits, ça crée une confusion considérable. Quel concours choisir ? Quel parcours privilégier ? Les syndicats d'enseignants demandent plus de clarté et s'inquiètent de la qualité de la formation avec deux ans de moins de préparation académique.
La question de fond reste la même. Baisser le niveau d'entrée, c'est admettre qu'on n'arrive plus à rendre le métier attractif dans les conditions actuelles. Les enseignants en grève mardi contre les suppressions de postes ne disent pas autre chose : on demande toujours plus avec toujours moins de moyens, et maintenant avec moins de formation aussi.
Pour les étudiants de 21 ou 22 ans qui hésitent encore, cette réforme ouvre une porte qui était fermée il y a un an. Mais est-ce que raccourcir le chemin vers la salle de classe suffira à redonner envie d'un métier où le salaire, les conditions de travail et la reconnaissance sociale restent les vrais problèmes ?