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Détroit d'Ormuz fermé depuis un mois : la pire crise pétrolière depuis 1979

Le conflit au Moyen-Orient entre dans son 32e jour. La fermeture du détroit d'Ormuz provoque une crise pétrolière pire que celles de 1973 et 1979 combinées, selon l'AIE.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Illustration international
Illustration international| Photo d'illustration

La guerre au Moyen-Orient dure depuis 32 jours et la fermeture du détroit d'Ormuz a propulsé le baril de Brent à 107 dollars. Selon le chef de l'Agence internationale de l'énergie, les pertes actuelles d'approvisionnement en pétrole dépassent l'impact combiné des chocs pétroliers de 1973 et 1979. Les pertes en gaz naturel sont presque deux fois supérieures à celles provoquées par la guerre entre la Russie et l'Ukraine. « La situation est très grave », résume l'AIE.

Le détroit d'Ormuz, le goulot d'étranglement du monde

Pour comprendre pourquoi tout bascule, il faut regarder une carte. Le détroit d'Ormuz, c'est un passage maritime de 33 kilomètres de large entre l'Iran et Oman, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. L'Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Irak exportent une grande partie de leur production par cette voie. Quand elle se ferme, c'est toute l'économie mondiale qui suffoque.

Les conséquences dépassent le pétrole. Les engrais azotés, fabriqués à partir de gaz naturel, deviennent introuvables sur certains marchés. L'agriculture américaine est déjà frappée par une vague de chaleur historique, et la pénurie d'engrais aggrave une saison qui s'annonçait déjà catastrophique. Les prix alimentaires montent dans les pays importateurs, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, créant un risque d'instabilité sociale en cascade.

L'Iran prêt à négocier, mais personne n'y croit vraiment

Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré que son pays était prêt à mettre fin au conflit en échange de garanties de sécurité. Cette annonce a brièvement fait remonter les marchés, le Bitcoin touchant 68 300 dollars avant de rechuter. Mais l'optimisme a duré quelques heures. Des responsables israéliens ont confirmé que les opérations militaires « continueraient pendant les semaines à venir », douche froide immédiate pour les marchés et les diplomates.

Les États-Unis se retrouvent dans une position délicate. Trump a évoqué la possibilité de « mettre fin à la guerre en Iran » sans que le détroit soit rouvert, ce qui a provoqué la confusion sur les objectifs réels de Washington. En parallèle, le président américain ouvre des fronts inutiles avec ses alliés, accusant la France de fermer son espace aérien aux avions américains, accusation que l'Élysée a qualifiée de surprenante.

Chaque jour de fermeture du détroit coûte des milliards à l'économie mondiale. Les réserves stratégiques de pétrole des pays de l'OCDE peuvent absorber le choc pendant quelques mois, mais pas indéfiniment. Les banques centrales hésitent entre baisser les taux pour soutenir l'économie et les maintenir pour contenir l'inflation alimentée par l'énergie. Si ce conflit s'éternise au-delà de l'été, est-ce que le monde est prêt à vivre durablement avec un pétrole au-dessus de 100 dollars et toutes les conséquences qui vont avec ?

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