Éducation

Étudiants étrangers, des frais multipliés jusqu’à 16 fois font bondir les facs

Le gouvernement veut appliquer plus strictement les frais différenciés pour les étudiants hors UE. Une mesure explosive pour les universités, les syndicats et l’attractivité française.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Étudiants étrangers, des frais multipliés jusqu’à 16 fois font bondir les facs
Étudiants étrangers, des frais multipliés jusqu’à 16 fois font bondir les facs| Photo d'illustration

À l’université, la facture peut passer de 170 euros à 2 770 euros en licence, et de 243 euros à 3 770 euros en master pour un étudiant hors Union européenne. Le gouvernement veut désormais appliquer plus strictement ces droits différenciés, relançant une bataille très sensible sur l’accès aux études en France.

Une vieille mesure remise au centre du jeu

Dans les faits, ces frais majorés existent déjà depuis la stratégie « Bienvenue en France », lancée il y a quelques années. Mais beaucoup d’universités avaient choisi de les contourner, en exonérant largement les étudiants extracommunautaires pour éviter un coup de frein brutal sur les inscriptions. Cette marge de manœuvre a permis de limiter la casse, surtout dans des établissements qui misent beaucoup sur l’international.

Le changement, c’est la volonté affichée par le gouvernement de faire respecter plus strictement le dispositif. Autrement dit, moins d’exceptions, plus d’application réelle. Pour les défenseurs de la mesure, il s’agit d’aligner la France sur des pratiques déjà courantes ailleurs et de faire contribuer davantage des étudiants qui ne relèvent pas de l’espace européen. Pour ses opposants, c’est surtout une hausse massive qui transforme l’université publique en filtre social.

Pourquoi les syndicats et les facs montent au créneau

La colère des syndicats étudiants et d’une partie du monde universitaire tient à un point simple, ces frais risquent de décourager des jeunes venus d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, souvent déjà confrontés à des coûts élevés de visa, de logement et de transport. Dans plusieurs villes universitaires, la précarité étudiante est déjà un sujet brûlant. Ajouter plusieurs milliers d’euros de droits d’inscription peut faire basculer un projet d’études.

Beaucoup de présidences d’université redoutent aussi une perte d’attractivité. La France aime afficher son ambition académique à l’international, notamment auprès des étudiants francophones. Mais le message devient contradictoire si le pays dit à la fois « venez » et « payez beaucoup plus ». Derrière la bataille budgétaire, il y a donc aussi un enjeu d’image, de rayonnement et même de diplomatie universitaire.

Le vrai débat, c’est l’idée qu’on se fait de l’université

Cette décision dépasse la simple question des recettes. Elle pose une vraie interrogation politique, l’université publique doit-elle rester un lieu d’accueil relativement accessible, ou devenir plus sélective selon l’origine géographique et les moyens financiers ? Le sujet parle aussi aux étudiants français, parce qu’il touche à la vision globale de l’enseignement supérieur, entre service public, compétition internationale et logique de rentabilité. Si les campus deviennent moins ouverts aux profils modestes venus d’ailleurs, quel visage la France universitaire veut-elle montrer dans les prochaines années ?

Mots-cles

#étudiants étrangers#université#frais d'inscription#enseignement supérieur#syndicats étudiants

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