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Google avance à 2029 le chiffrement anti-quantique, la menace est « déjà d'actualité »

Google accélère sa transition vers le chiffrement post-quantique, passant de 2035 à 2029. Des hackers volent déjà des données chiffrées pour les décrypter plus tard avec des ordinateurs quantiques.

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La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Illustration technologie| Photo d'illustration

Google a décidé d'avancer de six ans sa transition vers le chiffrement post-quantique. Initialement prévu pour 2035, le déploiement complet est désormais ciblé pour 2029. Gmail, Google Drive, Chrome, Android, toute l'infrastructure du géant américain sera protégée contre les attaques d'ordinateurs quantiques d'ici moins de trois ans. La raison de cette urgence : des cybercriminels volent déjà des données chiffrées aujourd'hui pour les décrypter plus tard, quand les machines quantiques seront assez puissantes.

« Harvest now, decrypt later » : le braquage silencieux du siècle

Le concept est glaçant. Des groupes de hackers, souvent financés par des États, interceptent et stockent massivement des données chiffrées actuellement illisibles. Emails diplomatiques, secrets industriels, communications militaires, données bancaires. Ils les conservent en attendant de disposer d'un ordinateur quantique capable de casser le chiffrement. C'est comme voler un coffre-fort sans avoir le code, en sachant qu'on l'aura dans quelques années.

C'est exactement pour cette raison que Google qualifie la menace de « déjà d'actualité ». Les données volées aujourd'hui avec un chiffrement RSA ou AES classique pourraient devenir lisibles dans cinq à dix ans. Pour des informations sensibles ayant une durée de vie longue, comme des secrets d'État ou des brevets industriels, c'est une catastrophe en devenir.

La Chine fait la course en tête, et ça inquiète tout le monde

Ce qui a poussé Google à accélérer, ce sont les progrès fulgurants de la recherche quantique chinoise. Le processeur Zuchongzhi 3.0, développé par des laboratoires chinois, est capable de réaliser en quelques millisecondes un calcul qui prendrait des milliers d'années à un superordinateur classique. La Chine a aussi mis en orbite des satellites de communication quantique et déployé un réseau de fibre quantique entre ses grandes villes. Pékin investit massivement et avance vite.

Face à cette course, le NIST américain demandait aux agences fédérales de migrer vers un chiffrement post-quantique d'ici 2035. La Maison-Blanche envisage un décret pour avancer cette échéance à 2030. Google, lui, vise 2029 et pousse publiquement les autres entreprises tech à faire de même. L'enjeu dépasse la simple compétition commerciale, c'est une question de souveraineté numérique globale.

Les nouveaux algorithmes de chiffrement post-quantique, comme ML-KEM standardisé par le NIST, sont conçus pour résister aux capacités de calcul des machines quantiques. La transition est techniquement complexe. Il faut remplacer les protocoles de chiffrement dans chaque produit, chaque serveur, chaque application. Signal a déjà commencé. Google accélère. Mais des millions de systèmes plus anciens, dans les entreprises, les hôpitaux, les administrations, n'ont même pas commencé à y penser. Quand l'ordinateur quantique capable de casser le chiffrement actuel arrivera, est-ce que le monde sera prêt, ou est-ce qu'il découvrira trop tard que toutes ses données ont été compromises depuis des années ?

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