Éducation

Grève du 31 mars : 4 000 postes supprimés, les enseignants descendent dans la rue

Près de 10 % des enseignants en grève selon le ministère, 30 % selon les syndicats. Les 4 000 suppressions de postes cristallisent la colère.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Grève du 31 mars : 4 000 postes supprimés, les enseignants descendent dans la ru
Grève du 31 mars : 4 000 postes supprimés, les enseignants descendent dans la ru| Photo d'illustration

Le 31 mars, une intersyndicale réunissant FSU, Unsa, CFDT, CGT et SUD a appelé les personnels de l'Éducation nationale à une journée de grève. Résultat : 9,68 % d'enseignants grévistes selon le ministère, entre 25 et 30 % selon les syndicats. Le motif central : les 4 000 suppressions de postes d'enseignants prévues à la rentrée 2026, dans le public et le privé confondus.

Le primaire en première ligne

Les chiffres du ministère masquent des réalités très différentes selon les niveaux. Dans les écoles maternelles et élémentaires, le taux de grévistes atteint 13,2 %. Le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, annonce plutôt 30 %. Dans les collèges, le ministère compte 9,7 % de grévistes, les lycées généraux 4,94 % et les lycées professionnels 3,5 %. Les personnels de vie scolaire, surveillants et conseillers principaux d'éducation, affichent le taux le plus élevé avec 16,9 %.

À Paris, la colère est décuplée par l'annonce de 172 fermetures de classes pour la rentrée prochaine. À Marseille, 1 500 personnes, enseignants et lycéens confondus, ont défilé dans les rues. Cette journée du 31 mars était conçue comme le « point d'orgue » d'une semaine entière d'actions lancée dès le lundi, avec des rassemblements devant les écoles menacées et des opérations de sensibilisation auprès des parents. Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale de la CFDT Éducation, a décrit une mobilisation forte « avec toute la profession ».

La baisse démographique, excuse ou vraie raison ?

Le gouvernement justifie les suppressions par la baisse du nombre d'élèves. La France perd des enfants chaque année et les classes se vident mécaniquement. L'argument est mathématiquement vrai. Mais les syndicats le retournent : moins d'élèves, c'est justement l'occasion de réduire les effectifs par classe, de renforcer l'accompagnement individualisé, de rouvrir des postes de remplaçants dont le manque paralyse des écoles entières. Fermer des classes quand les conditions d'enseignement sont déjà dégradées, c'est choisir l'économie budgétaire plutôt que la qualité éducative.

L'intersyndicale dénonce les « choix budgétaires du gouvernement » dans un contexte où la France consacre une part toujours plus faible de son PIB à l'éducation par rapport à ses voisins européens. Les enseignants français restent parmi les moins bien payés de l'OCDE en début de carrière, les classes de primaire comptent en moyenne 23 élèves contre 19 dans la zone euro, et les remplacements ne sont plus assurés dans des milliers d'écoles.

Après la grève, quelle suite ?

La semaine d'actions se poursuit jusqu'à vendredi. Mais au-delà du calendrier syndical, le vrai rendez-vous est budgétaire. Le gouvernement Lecornu, qui doit trouver des économies partout pour contenir le déficit, n'a donné aucun signe de recul sur les 4 000 postes. La prochaine rentrée s'annonce tendue. Et avec une présidentielle en ligne de mire, les enseignants savent que leur fenêtre pour se faire entendre se referme vite. La question est simple : combien de rentrées dégradées faudra-t-il avant que l'école redevienne une priorité budgétaire réelle ?

Mots-cles

#éducation#grève#enseignants#suppressions-de-postes#rentrée-2026

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