L'Irlande dit non a Trump, et cette fois, elle n'est pas toute seule. Face aux menaces de droits de douane a 25 % sur 38 milliards d'euros d'exportations, Dublin refuse de baisser son taux d'imposition a 5 % pour les multinationales americaines et obtient le soutien unanime des 26 autres Etats membres de l'UE. En gros, le petit pays de 5 millions d'habitants vient de donner un cours magistral de solidarite europeenne.
Le bras de fer fiscal, version courte
Le truc, c'est que l'Irlande a rejoint l'accord mondial sur la fiscalite minimale a 15 % en 2024, signe par 137 pays sous l'egide de l'OCDE. Washington voudrait un taux preferentiel de 5 % pour ses entreprises tech installees sur l'ile. Le Premier ministre Simon Harris a refuse net, en rappelant que son pays ne sacrifierait pas sa souverainete fiscale sous la pression d'aucune puissance etrangere. Du coup, les Etats-Unis menacent de represailles commerciales. Le ministre francais de l'Economie a qualifie l'attitude americaine de chantage inadmissible entre allies. On avoue, ca ne manque pas de sel.
L'UE sort le bouclier (et ca change tout)
La Commission europeenne a ete claire : toute mesure punitive contre l'Irlande sera consideree comme une attaque contre l'ensemble de l'Union. Bruxelles a meme prepare une liste de produits americains susceptibles d'etre taxes en retorsion, pour un montant equivalent de 38 milliards d'euros. L'Allemagne et la France ont publiquement soutenu Dublin. C'est assez ouf quand on se souvient des divisions europeennes pendant le premier mandat Trump entre 2017 et 2021.
Concretement, ca change quoi pour l'Europe ?
Le think tank Bruegel a bien resume la situation : le PIB irlandais represente 0,3 % du PIB mondial. Sans les 14 000 milliards d'euros de PIB cumule de l'UE, Dublin serait totalement vulnerable. La Coree du Sud et le Japon, qui subissent des pressions similaires, suivent l'affaire de tres pres. Cerise sur le gateau, l'Eurobarometre enregistre un record historique : 89 % des Irlandais jugent l'appartenance a l'UE benefique. Comme quoi, rien de tel qu'un coup de pression americain pour rappeler a quoi sert l'Europe.