Israel vient de franchir une ligne historique. Dans la nuit du 29 au 30 mars 2026, la Knesset a adopte par 64 voix contre 52 une loi autorisant la peine de mort pour les actes de terrorisme ayant cause la mort de civils. Les debats ont dure plus de 14 heures. Pour rappel, Israel n'a execute qu'une seule personne dans son histoire, Adolf Eichmann en 1962. Du coup, ce vote marque un tournant considerable.
Ce que dit le texte (et ce qui pose probleme)
Concretement, la peine de mort pourra s'appliquer si l'acte terroriste a cause la mort d'au moins deux personnes. La decision devra etre votee a l'unanimite par trois juges, puis confirmee par la Cour supreme. Le ministre de la Justice Yariv Levin parle d'un outil dissuasif indispensable. L'opposition, menee par Yair Lapid, denonce une rupture morale fondamentale et a annonce un recours devant la Haute Cour de justice. Le truc, c'est que meme dans la population, le soutien est mitige : 54 % des Israeliens approuvent le principe, mais seulement 38 % valident le texte tel qu'il a ete vote, estimant les garanties procedurales insuffisantes.
La communaute internationale reagit (vite et fort)
Les condamnations sont tombees en cascade. L'ONU qualifie la loi de regression grave. L'UE a convoque l'ambassadeur d'Israel et rappele son opposition absolue a la peine de mort. La France a exprime sa profonde preoccupation. Amnesty International a lance une campagne de mobilisation mondiale, rappelant que 112 pays ont aboli la peine capitale. Les Etats-Unis, qui maintiennent eux-memes la peine de mort au niveau federal, se sont contentes d'appeler a la plus grande prudence. On ne va pas se mentir, la nuance est remarquee.
Une societe profondement divisee
A Jerusalem devant la Knesset et sur la place Rabin a Tel-Aviv, des milliers de manifestants ont proteste contre la loi. L'Association pour les droits civiques en Israel (ACRI) a annonce des recours juridiques. Des professeurs de droit de sept universites ont signe une tribune qualifiant le texte d'incompatible avec les principes fondamentaux de l'Etat de droit. La suite va se jouer devant les tribunaux. Et ca promet d'etre long.