Espace

James Webb detecte une atmosphere « impossible » sur une super-Terre recouverte de lave

TOI-561 b fait le tour de son etoile en 10 heures et sa surface est un ocean de magma. Pourtant, le telescope James Webb vient de detecter une atmosphere epaisse la ou personne n'en attendait. La temperature mesuree est 900 degres plus basse que prevu. Explication.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·6 min de lecture
Illustration espace
Illustration espace| Photo d'illustration

TOI-561 b est une planete qui n'a aucune raison d'avoir une atmosphere. Elle orbite son etoile en 10 heures et 33 minutes, sa surface cote jour est un ocean de lave, et une face est verrouillee en permanence vers son soleil. Et pourtant, le telescope James Webb vient de detecter une couche atmospherique epaisse autour d'elle. La temperature mesuree cote jour est de 1 800 degres Celsius, soit 900 degres de moins que ce qu'un caillou nu devrait afficher. En gros, quelque chose redistribue la chaleur, et ce quelque chose, c'est une atmosphere.

Comment on detecte l'invisible

L'equipe de recherche a utilise l'instrument NIRSpec du James Webb pour analyser la lumiere infrarouge emise par la planete lorsqu'elle passe derriere son etoile. En comparant le spectre avant et pendant l'occultation, ils ont pu isoler la signature thermique de TOI-561 b. Le resultat : la face diurne est beaucoup trop froide pour un monde sans atmosphere. Si c'etait une roche nue, on attendrait 2 700 degres Celsius. La difference de 900 degres ne s'explique que par une enveloppe gazeuse qui transporte la chaleur du cote jour vers le cote nuit.

Concretement, les modeles pointent vers une atmosphere composee de vapeur d'eau, d'oxygene et de dioxyde de carbone. Des vents violents redistribueraient la chaleur, tandis que la vapeur d'eau absorberait certaines longueurs d'onde infrarouges. C'est un mecanisme coherent, et c'est la premiere fois qu'on l'observe aussi clairement sur ce type de planete.

Une vieille planete qui defie les theories

Le truc c'est que TOI-561 b n'orbite pas n'importe quelle etoile. Son soleil est bien plus ancien que le notre, ce qui fait de cette super-Terre l'une des plus vieilles planetes rocheuses connues. Les theories predisaient que les radiations stellaires auraient du arracher toute atmosphere depuis des milliards d'annees. Et pourtant elle persiste. L'hypothese avancee : un ocean de magma en surface degazerait en continu, renouvellant l'atmosphere plus vite qu'elle ne s'echappe. C'est un peu comme remplir une baignoire qui fuit, sauf que la baignoire fait 1,5 fois la Terre et la fuite, c'est l'espace.

Pourquoi ca change la donne

Si une planete aussi extreme peut conserver une atmosphere, ca elargit considerablement le champ des mondes potentiellement habitables dans la galaxie. On ne parle pas d'habitabilite pour TOI-561 b, elle reste un enfer de lave. Mais la decouverte montre que les atmospheres sont plus resilientes qu'on le pensait. Du coup, des planetes moins extremes dans des configurations similaires pourraient elles aussi en posseder. C'est assez ouf quand on y pense, et ca donne de quoi rever pour la suite des observations du Webb.

Mots-cles

#James Webb#exoplanete#TOI-561b#super-Terre#espace

Partager cet article