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Karahantepe, ce site vieux de 11 000 ans bouscule l’histoire du Néolithique

À Karahantepe, en Turquie, de nouvelles découvertes chamboulent nos idées sur les débuts de la civilisation. Même l’alimentation des premiers habitants semble plus complexe que prévu.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Karahantepe, ce site vieux de 11 000 ans bouscule l’histoire du Néolithique
Karahantepe, ce site vieux de 11 000 ans bouscule l’histoire du Néolithique| Photo d'illustration

À Karahantepe, dans le sud-est de la Turquie, des vestiges vieux d’environ 11 000 ans forcent les archéologues à revoir plusieurs certitudes sur les premières sociétés humaines. Le plus marquant, c’est que l’alimentation locale ne semblait pas encore dominée par les céréales, contrairement à ce qu’on imaginait souvent pour cette phase du Néolithique.

Un voisin de Göbekli Tepe qui prend de plus en plus de place

Karahantepe fait partie de la même grande région archéologique que Göbekli Tepe, site star souvent présenté comme l’un des plus anciens complexes monumentaux du monde. Mais au fil des fouilles, Karahantepe apparaît comme bien plus qu’un simple site secondaire. Les chercheurs y ont mis au jour des structures monumentales, des espaces creusés dans la roche, des piliers sculptés et des représentations humaines et animales qui montrent un niveau d’organisation symbolique impressionnant pour une époque aussi ancienne.

Ce qui change la donne, c’est l’idée que ces communautés préhistoriques n’étaient pas seulement en train de survivre ou de tester les débuts de l’agriculture. Elles semblaient déjà capables de mobiliser du monde, du savoir-faire et sans doute des formes de coopération sociale avancées. En clair, la civilisation ne serait pas née d’un seul coup avec les champs bien rangés et les villages stables, mais dans des trajectoires plus complexes, mêlant rituels, techniques et adaptation à l’environnement.

Et si le menu néolithique était moins céréales que prévu ?

L’un des apports les plus intéressants de ces recherches touche à l’alimentation. Les analyses récentes nuancent une vieille hypothèse, celle d’un régime déjà largement centré sur les céréales dans cette région. À Karahantepe, les indices suggèrent une réalité plus diversifiée, où les ressources sauvages ont peut-être gardé une place importante. Autrement dit, le passage vers l’agriculture ne ressemble pas forcément à un basculement net, rapide et uniforme.

Cette vision plus nuancée est importante, parce qu’elle casse le récit scolaire un peu trop propre d’une humanité qui serait passée, presque mécaniquement, de la chasse-cueillette aux champs de blé. En vrai, les groupes humains ont sans doute expérimenté plusieurs modèles en même temps, selon le climat, les ressources disponibles et leurs besoins sociaux ou rituels. Karahantepe devient donc un laboratoire grandeur nature pour comprendre ce moment flou où nos ancêtres ont commencé à transformer durablement leur mode de vie.

Un site qui oblige à repenser les débuts de la civilisation

Plus les fouilles avancent, plus Karahantepe montre que les débuts de la civilisation ne se résument pas à l’invention de l’agriculture. Les monuments, les sculptures et l’organisation de l’espace racontent aussi une histoire de croyances, de hiérarchies possibles et d’intelligence collective. Et si les grandes questions sur nos origines devaient désormais se jouer autant dans les sanctuaires de pierre que dans les premiers champs cultivés ?

Mots-cles

#Karahantepe#archéologie#Néolithique#Turquie#civilisation

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