Environnement

Montagne, climat, ski, le grand virage du sport d’hiver a commencé

La montagne chauffe plus vite que le reste du pays, et le sport doit suivre. À Paris, une table ronde de Reporterre a posé une vraie question, comment continuer sans abîmer davantage l’altitude ?

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Montagne, climat, ski, le grand virage du sport d’hiver a commencé
Montagne, climat, ski, le grand virage du sport d’hiver a commencé| Photo d'illustration

En France, la température en montagne grimpe plus vite qu’en plaine, avec des effets déjà visibles sur l’enneigement, les glaciers et les saisons touristiques. Lors d’une table ronde organisée par Reporterre à Paris, sportifs, chercheurs et acteurs du terrain ont posé la question qui fâche, le modèle du ski de masse peut-il encore tenir longtemps ?

Le mythe de l’or blanc se fissure

Pendant des décennies, le sport à la montagne a été synonyme de remontées mécaniques, stations géantes et neige garantie. Sauf qu’aujourd’hui, cette promesse craque de partout. Moins de neige, plus d’épisodes doux en hiver, des glaciers qui reculent à vue d’œil, la montagne montre en accéléré ce que le climat dérègle. Et ce n’est pas juste un décor qui change, c’est toute une économie qui vacille.

La table ronde de Reporterre l’a rappelé, continuer à miser presque tout sur le ski alpin, c’est s’accrocher à un modèle fragile. La neige artificielle est souvent présentée comme solution miracle, mais elle demande de l’eau, de l’énergie et des équipements lourds, sans régler le fond du problème. En clair, on gagne un peu de temps, pas un avenir solide. Pour beaucoup d’intervenants, il faut sortir de cette fuite en avant et repenser ce qu’on vient chercher en montagne.

Faire du sport autrement, sans sacrifier les sommets

Réinventer le sport en altitude, ce n’est pas renoncer au plaisir ni aux sensations. C’est déplacer le regard. La montagne peut rester un terrain de jeu, mais avec des pratiques moins gourmandes en infrastructures et plus adaptées aux limites du vivant. Randonnée, ski de randonnée, trail, escalade, vélo, activités quatre saisons, les pistes existent déjà. L’idée, c’est de ne plus dépendre d’un seul produit touristique concentré sur quelques semaines d’hiver.

Ce virage suppose aussi de revoir notre rapport à la performance. Faut-il toujours aller plus vite, plus haut, plus loin, au prix d’écosystèmes fragiles ? Les échanges ont mis en avant une autre culture du sport, plus sobre, plus locale, moins fondée sur la consommation d’espace et d’énergie. En gros, profiter de la montagne sans la traiter comme un parc d’attractions sous perfusion technique.

La vraie bataille se joue aussi dans nos imaginaires

Derrière la question du sport, il y a celle du récit collectif. La montagne a longtemps été vendue comme une machine à loisirs hivernaux. Or elle est d’abord un milieu vivant, traversé par des tensions écologiques, économiques et sociales. Changer de cap demandera des choix politiques, des investissements différents, et sans doute d’accepter qu’on ne sauvera pas partout le même modèle.

La suite dépendra aussi des pratiquants, des élus et des stations, capables ou non d’inventer un désir moins carboné. Et si le futur de la montagne n’était pas de produire toujours plus de ski, mais d’apprendre enfin à habiter l’altitude autrement ?

Mots-cles

#montagne#climat#ski#environnement#sport

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