Éducation

Réseaux sociaux : 70 millions d'ados bientôt interdits d'Instagram et TikTok

L'Australie, la France et d'autres pays interdisent les réseaux aux moins de 16 ans. Une vague mondiale qui pourrait toucher 70 millions de jeunes.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Réseaux sociaux : 70 millions d'ados bientôt interdits d'Instagram et TikTok
Réseaux sociaux : 70 millions d'ados bientôt interdits d'Instagram et TikTok| Photo d'illustration

Après l'Australie qui a voté l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, la France a adopté une loi similaire entrée en vigueur cette année. Au total, les législations votées ou en préparation dans une dizaine de pays pourraient concerner environ 70 millions d'adolescents dans le monde. L'idée fait son chemin partout : couper les mineurs des plateformes pour protéger leur santé mentale.

L'Australie a ouvert la voie, les autres suivent

L'Australie a été le premier grand pays à franchir le pas fin 2024 avec une loi interdisant l'accès à Instagram, TikTok, Snapchat et X aux moins de 16 ans. Les plateformes ont l'obligation de vérifier l'âge des utilisateurs, sous peine de lourdes amendes. La France a suivi avec la loi du 7 juillet 2023, renforcée en 2025, qui impose une vérification d'âge effective pour accéder aux réseaux sociaux. L'Espagne, l'Italie et plusieurs États américains travaillent sur des textes similaires.

Les arguments sont les mêmes partout. Les études s'accumulent pour montrer un lien entre l'utilisation intensive des réseaux sociaux et l'augmentation de l'anxiété, de la dépression et des troubles du sommeil chez les adolescents. Le chirurgien général des États-Unis a publié un rapport qualifiant les réseaux sociaux de « danger pour la santé mentale des jeunes ». En France, les consultations en pédopsychiatrie ont explosé depuis 2020, et même si la pandémie a joué un rôle majeur, le temps d'écran des 11-17 ans ne fait qu'augmenter.

Le problème technique que personne ne résout

Voter une loi est une chose. L'appliquer en est une autre. Comment vérifier qu'un utilisateur a bien 16 ans sans collecter des données sensibles ? La carte d'identité numérique n'est pas généralisée. Les systèmes d'estimation d'âge par reconnaissance faciale posent des questions évidentes de vie privée. Et les ados sont les premiers à trouver des contournements. VPN, comptes créés avec la date de naissance d'un parent, adresses email jetables, les solutions existent déjà dans tous les tutoriels YouTube.

Meta, TikTok et Snap affirment mettre en place des outils de contrôle parental et des restrictions pour les comptes de mineurs. Mais les plateformes ont un intérêt économique direct à garder le maximum d'utilisateurs. Chaque ado déconnecté, c'est un utilisateur de moins dans les métriques présentées aux annonceurs. Le modèle économique des réseaux sociaux repose sur l'attention, et les adolescents sont parmi les utilisateurs les plus engagés.

Protéger ou isoler ?

Les critiques de ces interdictions ne viennent pas que des plateformes. Des chercheurs en éducation numérique estiment qu'interdire purement et simplement les réseaux revient à priver les jeunes d'un espace de socialisation et d'apprentissage. Plutôt que de bannir, ils préconisent d'éduquer à l'usage critique des médias, dès l'école primaire. La question divise les parents, les enseignants et les élèves eux-mêmes. Faut-il couper les jeunes d'un monde numérique qu'ils devront de toute façon maîtriser à 16 ans, ou est-ce que deux ou trois années sans algorithmes pourraient suffire à construire des cerveaux plus résistants à la manipulation ?

Mots-cles

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