Éducation

Santé, les doyens alertent sur une nouvelle réforme qui pourrait tout bousculer

Les doyens d’université s’inquiètent du nouveau chantier sur l’accès aux études de santé. Ils redoutent une réforme trop rapide, dès 2026, sans bilan solide du système actuel.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Santé, les doyens alertent sur une nouvelle réforme qui pourrait tout bousculer
Santé, les doyens alertent sur une nouvelle réforme qui pourrait tout bousculer| Photo d'illustration

Dès 2026, certaines universités pourraient tester une nouvelle version de l’accès aux études de santé, alors que la réforme actuelle n’a que quelques années. Les doyens montent au créneau, car ils jugent le calendrier trop serré et craignent un vrai bazar pour les étudiants, les équipes pédagogiques et l’égalité entre facs.

Une réforme pas encore digérée, déjà remise sur la table

Depuis la fin de l’ancienne première année de médecine, les universités ont mis en place les parcours PASS et LAS pour diversifier les profils et réduire la pression d’un concours unique. Sur le papier, l’idée était séduisante, avec plus de passerelles et moins de logique couperet. Mais sur le terrain, beaucoup d’établissements disent encore être en phase d’ajustement. Les règles diffèrent selon les universités, les étudiants peinent parfois à s’y retrouver et les équipes administratives ont dû absorber une grosse réorganisation.

C’est dans ce contexte qu’un nouveau projet de réforme arrive. Selon le calendrier évoqué, des expérimentations pourraient débuter dès la rentrée 2026 avant une généralisation progressive. Problème, pour les doyens, on veut corriger un système dont l’évaluation reste incomplète. Leur message est assez clair, changer encore les règles trop vite risque de fragiliser les étudiants, surtout ceux qui construisent leur orientation dès le lycée avec des informations déjà mouvantes.

Ce que redoutent vraiment les universités

La principale inquiétude, c’est l’instabilité. Dans des filières aussi sélectives que médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie, la lisibilité des parcours compte énormément. Si chaque fac expérimente de nouvelles modalités dans son coin, les candidats pourraient faire face à des critères encore plus variables d’un territoire à l’autre. Pour les doyens, cela pose une question simple, comment garantir l’équité si les règles changent selon l’université et selon l’année d’entrée ?

Ils pointent aussi un risque très concret de surcharge. Modifier les maquettes, recréer des procédures de sélection, accompagner les étudiants et former les personnels demande du temps. Or les universités ne roulent déjà pas sur l’or. Lancer une nouvelle transformation sans moyens clairement identifiés pourrait rendre la promesse de simplification totalement théorique.

Pour les étudiants, l’enjeu, c’est de pouvoir se projeter

Au fond, ce débat dépasse les spécialistes de l’enseignement supérieur. Pour un lycéen de terminale ou un étudiant en réorientation, l’accès aux études de santé doit être compréhensible, stable et crédible. Personne n’a envie de choisir un parcours en se demandant si les règles vont changer avant même la rentrée suivante. Les doyens ne ferment pas la porte à des améliorations, mais ils demandent du temps, un vrai bilan national et une méthode plus claire.

La question est donc assez simple, faut-il aller vite pour corriger les défauts du système, ou ralentir un peu pour éviter de créer une nouvelle usine à gaz dans des études déjà parmi les plus stressantes du pays ?

Mots-cles

#université#études de santé#PASS LAS#réforme#orientation

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