Le 27 septembre, près de 2 000 sièges de grands électeurs seront mobilisés pour renouveler environ la moitié du Sénat. La droite et le centre devraient garder la main, mais un chiffre crispe déjà tout le monde, le RN espère faire une entrée nettement plus visible au Palais du Luxembourg.
Sur le papier, la majorité sénatoriale ne semble pas menacée. Les Républicains et leurs alliés centristes disposent encore d’un ancrage local solide, surtout dans les petites communes et les territoires ruraux, là où se fabrique en grande partie l’élection sénatoriale. Mais cette stabilité apparente cache une angoisse très concrète, perdre des sièges au profit d’un Rassemblement national qui progresse dans les conseils municipaux, départementaux et régionaux.
Un Sénat qui tient bon, mais sous pression
Les sénatoriales ne ressemblent pas aux législatives ou à la présidentielle. Ici, ce sont les grands électeurs, majoritairement des élus locaux, qui votent. Résultat, les partis qui possèdent un vieux réseau d’élus partent avec une longueur d’avance. C’est pour ça que la droite reste favorite, même dans une période politique agitée. Le problème pour LR, c’est que son socle local résiste mieux que son image nationale, et que chaque siège perdu peut nourrir l’idée d’un affaiblissement durable.
Chez les socialistes, l’objectif est différent mais la fébrilité existe aussi. Le PS espère préserver son groupe et maintenir sa place de force centrale à gauche au Sénat. Dans plusieurs départements, la gauche peut encore compter sur ses bastions municipaux. Sauf que la fragmentation du camp progressiste et la concurrence d’autres étiquettes compliquent les calculs. Le parti joue donc surtout la défense, avec l’idée de limiter les pertes plutôt que de rêver à une percée.
Le RN veut transformer l’essai local
La vraie nouveauté du scrutin, c’est le RN. Longtemps marginal au Sénat, le parti de Jordan Bardella veut convertir ses progrès locaux en sièges. Ce n’est pas simple, car le mode de scrutin favorise les formations bien implantées depuis longtemps. Mais ses succès récents dans plusieurs communes lui donnent désormais des points d’appui plus sérieux. Même quelques élus supplémentaires suffiraient à installer l’idée d’une banalisation complète du parti dans toutes les institutions.
Pour LR comme pour le PS, le danger est autant symbolique que comptable. Si le RN gagne du terrain dans une chambre réputée stable, patiente et très liée aux territoires, cela voudra dire que sa progression ne se limite plus aux scrutins de colère. Ce serait aussi un signal en vue des municipales et, plus loin, de la présidentielle. Reste une question assez simple, les vieux partis peuvent-ils encore compter sur leurs réseaux locaux pour tenir, ou le Sénat va-t-il à son tour raconter la nouvelle carte politique du pays ?
