Environnement

Solaire sur terres agricoles, la ruée qui pourrait faire pschitt

Les projets solaires dans les champs explosent, mais beaucoup n’iront jamais au bout. Cette course au foncier pourrait fragiliser toute la filière photovoltaïque.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Solaire sur terres agricoles, la ruée qui pourrait faire pschitt
Solaire sur terres agricoles, la ruée qui pourrait faire pschitt| Photo d'illustration

Des milliers d’hectares agricoles sont aujourd’hui visés par des projets photovoltaïques, alors que seule une petite partie verra vraiment le jour. Derrière l’euphorie autour du solaire dans les champs, une enquête montre un marché saturé, spéculatif, et potentiellement risqué pour les agriculteurs comme pour la filière.

Des champs transformés en promesses de jackpot

Depuis quelques années, des développeurs solaires démarchent massivement les propriétaires et exploitants agricoles. L’argument est simple, louer une parcelle pour y poser des panneaux peut rapporter bien plus qu’une activité agricole classique. Sur le papier, l’offre semble irrésistible, surtout dans un contexte où beaucoup d’exploitations peinent à dégager un revenu stable. Résultat, les signatures d’accords se multiplient et la bataille pour sécuriser du foncier s’intensifie.

Le problème, c’est que cette ruée ressemble parfois à une bulle. De nombreux projets sont annoncés, négociés, parfois même célébrés localement, alors qu’ils ont très peu de chances d’aboutir. Entre les contraintes administratives, les raccordements au réseau, les oppositions locales et les règles d’urbanisme, la sélection est rude. En clair, réserver une terre ne veut pas dire construire une centrale.

Un embouteillage qui menace tout le secteur

Cette inflation de projets a un autre effet pervers, elle engorge la filière. Plus il y a de dossiers en circulation, plus les gestionnaires de réseau, les services de l’État et les territoires sont sollicités. Cela ralentit les projets solides, y compris ceux qui seraient vraiment utiles et bien intégrés. À force de vouloir capter un maximum de terrains, certains acteurs contribuent à désorganiser tout l’écosystème du solaire.

Il y a aussi une question de crédibilité. Si trop de projets restent au stade de la promesse, les agriculteurs risquent de se méfier, les élus de durcir leur position, et le grand public d’associer photovoltaïque et spéculation foncière. Pas idéal au moment où la transition énergétique a besoin d’adhésion et de règles claires.

Le vrai défi, produire de l’énergie sans sacrifier les terres

Le fond du débat, c’est l’usage des sols. Installer des panneaux sur des terres agricoles n’a pas le même sens selon qu’on maintient une activité agricole réelle ou qu’on remplace peu à peu des espaces nourriciers par des actifs énergétiques. L’agrivoltaïsme est souvent présenté comme la solution miracle, mais là aussi, tout dépend des projets concrets et du rapport de force entre producteurs, investisseurs et monde agricole.

La question qui monte est donc simple, faut-il continuer à courir après les champs, ou remettre la priorité sur les toitures, les parkings et les friches, là où le solaire évite de créer un nouveau conflit d’usage avec l’agriculture ?

Mots-cles

#énergie solaire#agriculture#photovoltaïque#transition écologique#agrivoltaïsme

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