En plein conflit au Moyen-Orient, entré dans son 32e jour, Donald Trump a publiquement accusé la France de fermer son espace aérien aux avions militaires américains. L'Élysée a réagi en déclarant « s'étonner » de ces reproches, laissant entendre que les accusations du président américain ne reposaient sur aucune base factuelle. Un nouvel épisode de tension transatlantique qui tombe au pire moment.
Une accusation sortie de nulle part, en pleine guerre
Le contexte est déjà suffisamment explosif. Le détroit d'Ormuz est fermé, le pétrole dépasse les 107 dollars le baril, et les alliés occidentaux tentent de coordonner leurs positions face à la crise iranienne. C'est dans ce climat que Trump a choisi de s'en prendre à Paris, en affirmant que la France empêchait les avions américains de survoler son territoire.
Le problème, c'est que personne côté français ne confirme cette version. L'Élysée a répondu avec une formule diplomatique qui en dit long : la présidence « s'étonne » des propos du président américain. En langage diplomatique, « s'étonner » est une façon polie de dire qu'on considère l'accusation comme fausse ou, au minimum, largement exagérée.
La relation franco-américaine, un yo-yo permanent
Ce n'est pas la première fois que Trump cible la France. Pendant son premier mandat, il avait déjà multiplié les piques contre Emmanuel Macron, critiquant les accords de Paris sur le climat, les contributions à l'OTAN et même le vin français. Depuis son retour à la Maison Blanche, les tensions n'ont fait que s'amplifier, notamment sur la question de l'autonomie stratégique européenne que la France défend et que Washington perçoit comme une forme de défiance.
La question du survol est techniquement sensible. La France accorde régulièrement des autorisations de survol aux avions militaires américains, y compris pour des opérations au Moyen-Orient et en Afrique. Refuser ces autorisations serait un acte diplomatique majeur, une rupture dans la coopération militaire entre alliés. Si la France l'avait fait, tout le monde le saurait. Le silence des autres capitales européennes sur le sujet suggère que l'accusation de Trump relève davantage de la posture que de la réalité.
Ce qui est préoccupant, c'est le timing. En pleine crise énergétique mondiale, avec un baril au-dessus de 100 dollars et des pénuries d'engrais qui menacent l'agriculture de plusieurs continents, les alliés occidentaux auraient tout intérêt à afficher une cohésion sans faille. Au lieu de ça, le président américain ouvre un front inutile avec l'un de ses partenaires historiques.
L'Iran a déclaré être prêt à mettre fin au conflit en échange de garanties de sécurité, ce qui a brièvement fait remonter les marchés avant que la réalité militaire ne reprenne le dessus. Dans ce contexte, est-ce que les démocraties occidentales peuvent se permettre de se disputer en public pendant qu'une guerre bouleverse l'économie mondiale ?