Dans un entretien au Telegraph publié ce 1er avril, Donald Trump a qualifié l'OTAN de « tigre de papier » et déclaré que l'adhésion des États-Unis était « plus que sujette à réexamen ». Son secrétaire d'État Marco Rubio a enfoncé le clou sur Fox News : si les bases européennes ne peuvent pas servir les intérêts américains, « alors l'OTAN fonctionne à sens unique ». L'Alliance atlantique traverse sa pire crise depuis sa création en 1949.
Bases fermées, survols refusés, Trump explose
Le détonateur, c'est le conflit en Iran. Depuis le début de la guerre, plusieurs pays européens refusent que leurs bases aériennes servent aux opérations américaines et israéliennes. L'Espagne s'y oppose. L'Italie aussi. Et fin mars, la France a refusé à Israël le survol de son espace aérien pour acheminer des armes américaines destinées au front iranien. La réaction de Trump a été immédiate et majuscule sur Truth Social : « La France a été TRÈS PEU AIDANTE ! Les États-Unis s'en SOUVIENDRONT !!! »
Pour Washington, le message est clair : les alliés européens profitent du parapluie militaire américain mais refusent de se mouiller quand il faut. Rubio l'a formulé en termes diplomatiques mais la menace est limpide. « Si nous avons atteint un point où l'Alliance atlantique signifie que nous ne pouvons pas utiliser des bases en Europe pour défendre nos intérêts, nous allons devoir réexaminer cette relation. » En clair, soit vous jouez le jeu, soit on s'en va.
Le détroit d'Ormuz, l'impasse qui change tout
Derrière la colère de Trump, il y a un échec militaire que personne n'ose nommer. L'un des objectifs affichés de la guerre contre l'Iran était de rouvrir le détroit d'Ormuz, fermé depuis début mars. Un mois plus tard, le passage est toujours bloqué, 20 000 marins sont coincés sur 3 200 navires et le prix du pétrole flambe. Trump reproche à l'OTAN de ne pas aider à débloquer la situation. Les Européens répondent qu'ils n'ont pas signé pour cette guerre.
Le Wall Street Journal a révélé un détail explosif. Trump aurait confié à ses conseillers qu'il serait prêt à mettre fin au conflit sans rouvrir le détroit, car prolonger les opérations militaires ferait encore monter le prix de l'essence aux États-Unis. Le gallon a dépassé les 4 dollars mardi, un seuil psychologiquement dangereux pour un président dont la base électorale surveille la pompe de très près. L'homme qui voulait « dominer » le Moyen-Orient pourrait finir par accepter un statu quo humiliant.
L'Europe peut-elle survivre sans les Américains ?
Paradoxalement, les menaces de Trump poussent les Européens à accélérer leur autonomie de défense. Les 32 membres de l'OTAN consacrent désormais tous plus de 2 % de leur PIB à la défense, une première historique. Mais entre investir davantage et se passer totalement du bouclier américain, il y a un gouffre que personne en Europe n'est prêt à franchir. Si Trump met sa menace à exécution après le conflit, qui protégera le flanc est face à la Russie ? Et qui expliquera aux contribuables européens qu'il faut doubler encore les budgets militaires ?