Éducation

Un million d'élèves en moins mais toujours autant de problèmes : l'école française en 2026

La France va perdre un million d'élèves en primaire entre 2019 et 2029. Au lieu d'en profiter pour améliorer les conditions, l'État supprime 4 000 postes.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Illustration education
Illustration education| Photo d'illustration

Entre 2019 et 2029, la France aura perdu un million d'élèves dans le premier degré, sur un total de 6,5 millions. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, qualifie la situation de « chute démographique vertigineuse ». Pourtant, au lieu d'utiliser cette baisse pour réduire les effectifs par classe, le gouvernement supprime 4 000 postes d'enseignants pour la rentrée 2026. Les syndicats crient à l'alibi budgétaire.

Moins d'élèves, c'est l'opportunité du siècle pour l'école. La France la gaspille.

C'est l'argument que martèlent les cinq syndicats qui ont appelé à la grève ce mardi. Morgane Verviers, de l'UNSA-Éducation, résume la position en une phrase : la baisse démographique devrait être « une opportunité pour donner de l'air au système », pas un prétexte pour faire des économies. Moins d'élèves par classe, ça veut dire plus de temps pour chaque enfant, un suivi individuel renforcé, des enseignants moins épuisés. Toutes les études internationales montrent que la réduction de la taille des classes améliore les résultats scolaires, surtout dans les milieux défavorisés.

Mais le gouvernement fait un calcul purement arithmétique. Moins d'élèves égale moins de besoins, donc moins de postes. L'académie de Lille perd 245 postes en primaire et 167 en secondaire, c'est la plus touchée. Paris, la Gironde, l'Aude et les Yvelines annoncent une forte mobilisation. Depuis janvier, pas une seule semaine ne s'est passée sans grève ou action locale quelque part en France.

Grève, réforme du concours, pénurie : tout se téléscope

La grève arrive au moment où le ministère lance la réforme la plus importante du concours de professeur des écoles depuis des années. Le CRPE s'ouvre aux Bac+3 à partir de cette session 2026, un aveu implicite que le métier n'attire plus assez de candidats avec les conditions actuelles. Baisser le niveau d'entrée tout en supprimant des postes et en gelant les salaires, c'est un message contradictoire difficile à défendre.

Laetitia Aresu, de la CFDT-Éducation, pointe le fond du problème : « On compte beaucoup sur la bonne volonté des personnels pour que le système fonctionne, et aucune mesure salariale ne vient le reconnaître. » Un enseignant débutant touche environ 1 400 euros net par mois. À Paris, ça ne couvre même pas un loyer décent. Pas étonnant que les concours peinent à remplir leurs promotions.

La France dépense moins par élève du primaire que la moyenne de l'OCDE, tout en consacrant une part plus importante de son budget à l'enseignement secondaire et supérieur. Ce déséquilibre structurel fait que les fondations sont fragiles, et tout le reste vacille ensuite. Quand un pays perd un million d'enfants en dix ans et que sa seule réponse est de fermer des postes, est-ce qu'on peut encore parler de « priorité à l'éducation » sans que ça sonne complètement creux ?

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#éducation-nationale#démographie#suppressions-postes#grève-enseignants#école-primaire

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