Économie

Brexit, 10 ans après : pourquoi l’addition pèse toujours sur le Royaume-Uni

Dix ans après le vote pro-Brexit, le Royaume-Uni paie encore la facture économique. Croissance, commerce, investissements, le pari de la rupture a laissé des traces.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Brexit, 10 ans après : pourquoi l’addition pèse toujours sur le Royaume-Uni
Brexit, 10 ans après : pourquoi l’addition pèse toujours sur le Royaume-Uni| Photo d'illustration

Dix ans après le référendum du 23 juin 2016, le Brexit continue de coûter cher au Royaume-Uni. Avec 52 % des voix en faveur de la sortie de l’Union européenne, le pays a choisi une rupture dont les effets se mesurent encore dans les échanges, l’investissement et le pouvoir d’achat, selon plusieurs responsables européens.

Le grand pari qui a viré à la note salée

Pour Sandro Gozi, eurodéputé et ancien ministre italien des Affaires européennes, le constat est net, le Brexit est un désastre économique pour le Royaume-Uni. Son analyse repose sur une idée simple, sortir du marché unique n’a pas redonné de souffle à l’économie britannique, bien au contraire. Les promesses d’un regain de souveraineté capable de doper l’activité ne se sont pas matérialisées à la hauteur des attentes affichées par les partisans du Leave.

Dans les faits, les entreprises britanniques ont dû composer avec davantage de formalités douanières, des délais plus longs et une relation commerciale plus compliquée avec leur premier partenaire, l’Union européenne. Pour une économie fortement connectée au continent, cette friction nouvelle a pesé sur les exportations comme sur les importations. Résultat, les coûts augmentent, certaines sociétés renoncent à certains marchés, et l’attractivité du pays en prend un coup.

Commerce, investissements, emploi, les points de friction s’accumulent

Le Brexit n’a pas provoqué un effondrement instantané, mais plutôt une usure progressive. C’est ce qui le rend parfois moins spectaculaire dans le débat public, mais très concret pour l’économie réelle. Moins d’investissements étrangers, plus d’incertitudes réglementaires, tensions sur certains secteurs en manque de main-d’œuvre, le cocktail n’a rien d’idéal. L’idée d’un Royaume-Uni libéré et plus compétitif sur la scène mondiale reste, pour beaucoup d’observateurs, largement surestimée.

Les critiques venues du camp européen ne se limitent pas à une bataille politique. Elles s’appuient aussi sur le décalage entre le discours de 2016 et la situation actuelle. Le Brexit devait simplifier, il a souvent compliqué. Il devait relancer, il a parfois freiné. Et dans un contexte déjà secoué par l’inflation, les crises énergétiques et les tensions géopolitiques, ce choix continue d’alourdir la facture pour les ménages comme pour les entreprises.

Le vrai sujet maintenant, c’est la suite

Cette séquence dit aussi quelque chose de plus large sur l’Europe, les décisions prises au nom de la souveraineté peuvent coûter très cher quand elles ignorent la réalité des interdépendances économiques. Dix ans après, le Royaume-Uni ne revient pas dans l’Union européenne, mais la question d’une relation plus fluide avec Bruxelles revient de plus en plus souvent. Reste à savoir si Londres cherchera à corriger le tir, ou si le Brexit continuera encore longtemps à servir d’avertissement grandeur nature au reste du continent.

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#Brexit#Royaume-Uni#Union européenne#économie britannique#commerce

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