Économie

Canada, l’économie tient bon mais l’emploi commence à tousser

Inflation sous contrôle, croissance molle, marché du travail plus fragile, le Canada avance sur une ligne de crête. La renégociation du CUSMA ajoute une vraie dose de flou.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Canada, l’économie tient bon mais l’emploi commence à tousser
Canada, l’économie tient bon mais l’emploi commence à tousser| Photo d'illustration

Au Canada, l’inflation est retombée à 1,8 % en février 2026, contre 2,3 % un an plus tôt, un niveau qui soulage les ménages mais ne règle pas tout. Car derrière cette bonne nouvelle, la croissance ralentit, les entreprises freinent les embauches et le marché du travail montre des signes de fatigue plus durables.

Inflation calmée, Banque du Canada plus à l’aise

Sur le front des prix, le pays respire un peu mieux. Le reflux de l’inflation rapproche l’économie canadienne d’un rythme plus stable, ce qui donne davantage de marge à la Banque du Canada. En clair, la pression pour maintenir une politique monétaire très serrée diminue. Pour les consommateurs, cela peut se traduire par un environnement un peu moins étouffant, même si le coût de la vie reste élevé sur des postes clés comme le logement. Cette désinflation ne veut donc pas dire retour à la normale pour tout le monde. Elle signale surtout que le choc inflationniste est mieux contenu qu’auparavant, dans un contexte où la demande intérieure reste mesurée et où les tensions sur certains prix se sont apaisées.

Le vrai point de stress, c’est l’emploi

Là où le tableau se complique, c’est sur le marché du travail. L’incertitude économique pousse les entreprises à la prudence, notamment quand il s’agit d’embaucher. La renégociation du CUSMA, l’accord commercial qui encadre les échanges entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, ajoute une couche de flou sur les perspectives d’activité. Résultat, les recrutements peuvent être repoussés, les investissements ralentis et la dégradation de l’emploi durer plus longtemps que prévu. Ce genre d’attentisme est classique quand les entreprises manquent de visibilité, mais il peut peser vite sur la confiance des ménages. Si les créations de postes se tassent, la consommation, moteur important de l’économie, peut elle aussi perdre en énergie.

Une économie solide, mais sous surveillance

Le Canada ne bascule pas dans une crise ouverte. Ses fondamentaux restent plutôt robustes et la maîtrise de l’inflation est un atout réel. Mais l’équation devient plus délicate, car il faut soutenir l’activité sans raviver les tensions sur les prix, tout en composant avec des incertitudes extérieures majeures. Pour Ottawa comme pour la banque centrale, la suite va se jouer sur un dosage fin entre confiance, investissement et stabilité commerciale. Si le flou autour du CUSMA se prolonge, le risque est moins celui d’un choc brutal que d’une économie qui s’installe dans un rythme trop tiède. Et si le prochain vrai test canadien n’était pas l’inflation, mais la capacité à relancer l’emploi sans casser l’équilibre retrouvé ?

Mots-cles

#Canada#inflation#emploi#CUSMA#Banque du Canada

Partager cet article