En 2024, les cancers et les maladies cardiovasculaires ont représenté à eux seuls près de 50 % des décès en France, selon un bilan national publié récemment. Malgré les progrès médicaux, ces deux grandes familles de maladies restent les premières causes de mortalité, loin devant les autres pathologies.
Deux géants qui dominent toujours les statistiques
Ce n’est pas vraiment une surprise, mais le constat reste massif. Les cancers continuent d’occuper une place centrale dans la mortalité en France, avec un poids particulièrement fort chez les adultes et les personnes âgées. Juste derrière, ou parfois au même niveau selon les profils, les maladies cardiovasculaires, comme les infarctus, les AVC ou l’insuffisance cardiaque, restent ultra présentes. En clair, même si l’on vit plus longtemps qu’avant, on meurt encore beaucoup de ces maladies chroniques.
Ce qui frappe, c’est que ces décès ne concernent pas uniquement le grand âge. Le tabac, l’alcool, la sédentarité, une alimentation déséquilibrée, mais aussi le stress ou certaines expositions environnementales jouent un rôle important. Les inégalités sociales de santé pèsent aussi lourd. Selon l’endroit où l’on vit, son niveau de revenus ou l’accès au suivi médical, le risque n’est pas le même.
Pourquoi la prévention reste le vrai nerf de la guerre
Derrière ces chiffres, il y a une idée simple, beaucoup de décès pourraient être évités ou repoussés avec un repérage plus précoce et une meilleure prévention. Pour les cancers, cela passe par le dépistage, par exemple pour le sein, le côlon ou le col de l’utérus, mais aussi par la lutte contre le tabagisme. Pour les maladies cardiovasculaires, les leviers sont bien connus, surveiller sa tension, bouger davantage, manger moins salé, mieux dormir et prendre au sérieux les signes d’alerte.
Le problème, c’est qu’entre savoir et faire, il y a souvent un fossé. Beaucoup de jeunes adultes se sentent peu concernés, alors que les habitudes prises avant 35 ans comptent déjà énormément. La santé cardiovasculaire ou le risque de certains cancers ne se construisent pas à 70 ans, ils se jouent en partie bien plus tôt, dans le quotidien.
Des soins qui progressent, mais pas au même rythme pour tous
La bonne nouvelle, c’est que les traitements avancent. Certains cancers sont mieux pris en charge qu’il y a dix ans, et les urgences cardiaques bénéficient d’interventions plus rapides et plus efficaces. Mais ces progrès ne gomment pas tout. Le vieillissement de la population augmente mécaniquement le nombre de personnes fragiles, et l’accès aux soins reste très inégal selon les territoires. Dans certaines zones, obtenir un rendez-vous de prévention ou voir un spécialiste relève déjà du parcours du combattant.
La vraie question pour les prochaines années est peut-être là, comment faire en sorte que la prévention devienne aussi automatique qu’un abonnement de streaming, au lieu de rester une bonne résolution qu’on remet toujours à plus tard ?
