6 millions de Francais vivent dans une zone sous-dotee en medecins generalistes. Le gouvernement vient de sortir un plan de 2 milliards d'euros sur cinq ans pour y remedier, avec la creation de 500 maisons de sante supplementaires, des stages obligatoires pour les internes en zone rurale, et 3 000 cabines de teleconsultation d'ici 2028. En gros, c'est le plan le plus ambitieux jamais annonce sur le sujet.
Le ministre est alle dans la Creuse (et il a compris)
Lors de son deplacement dans la Creuse, le ministre de la Sante a pose le constat : "Nous ne pouvons plus tolerer que des millions de nos concitoyens doivent parcourir plus de 30 kilometres pour consulter un medecin." Concretement, le plan prevoit la creation de 500 maisons de sante pluridisciplinaires d'ici 2030, la revalorisation des aides a l'installation en zone rurale et le deploiement massif de la telemedecine. Le president de l'Ordre des medecins salue "un plan ambitieux", tout en rappelant que l'attractivite des territoires ruraux pour les jeunes medecins reste un vrai defi.
Stages obligatoires : le volet qui fache
Le truc c'est que les mesures purement incitatives, ca fait vingt ans qu'on essaie et ca ne marche pas. Du coup, le gouvernement sort le volet coercitif : les internes en derniere annee devront effectuer un stage de six mois en zone sous-dense. Les syndicats etudiants ne sont pas ravis, mais les elus ruraux estiment que c'est indispensable. La prime d'installation est doublee a 50 000 euros pour les medecins qui s'engagent a exercer au moins cinq ans en zone deficitaire, et 1 500 postes de medecins salaries seront crees dans les hopitaux de proximite.
La telemedecine comme filet de securite
3 000 cabines de teleconsultation equipees dans les communes isolees d'ici 2028, c'est le volet numerique du plan. On ne va pas se mentir, ca ne remplace pas un medecin en chair et en os, mais pour les consultations de suivi ou les renouvellements d'ordonnance, ca peut changer la vie quand le generaliste le plus proche est a 40 minutes. Les associations de patients saluent l'ambition, mais appellent a un suivi rigoureux. Parce que des plans pour les deserts medicaux, on en a deja vu passer quelques-uns.