Édouard Philippe est réélu maire du Havre avec 47,71 % des voix au second tour des municipales, devançant son rival communiste de plus de six points dans une triangulaire avec le RN. L'ancien Premier ministre avait prévenu : sans victoire au Havre, pas de candidature à la présidentielle de 2027. Le premier verrou vient de sauter.
Le Havre, test grandeur nature avant l'Élysée
Cette élection municipale n'était pas un simple scrutin local. Édouard Philippe en avait fait publiquement un préalable à sa candidature présidentielle. Perdre dans sa propre ville aurait envoyé un signal désastreux aux soutiens, aux donateurs et à l'opinion. Il fallait gagner, et gagner nettement. Avec près de 48 % dans une triangulaire, c'est chose faite.
Au premier tour, Philippe était déjà en tête avec plus de 43 % des voix, dix points devant le candidat communiste. Le maintien du RN au second tour aurait pu compliquer les choses en dispersant les voix de droite. Finalement, l'ancien locataire de Matignon a su rassembler au-delà de son camp, confirmant sa capacité à fédérer un électorat modéré dans un port normand historiquement ancré à gauche.
À Paris, Dati prend une claque et la quinquangulaire se profile
Pendant que Philippe consolidait sa base, les municipales livraient d'autres enseignements. À Paris, Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate à la mairie, a été largement devancée par le socialiste Emmanuel Grégoire, premier adjoint sortant d'Anne Hidalgo, avec près de 38 % des voix. Une quinquangulaire se dessine au second tour avec Sophia Chikirou (LFI), Pierre-Yves Bournazel (centre) et Sarah Knafo (RN). Paris reste un champ de bataille politique à ciel ouvert.
À Nantes, la socialiste Johanna Rolland tient bon mais se fait talonner par la droite. À Rennes, Nathalie Appéré domine largement. Le PS résiste dans ses bastions historiques, mais les marges se réduisent. Le paysage politique français reste fragmenté, avec une gauche qui tient ses villes, une droite qui peine à percer dans les métropoles et un RN qui s'installe durablement dans le jeu local, au point que plusieurs maires RN fraîchement élus ont déjà retiré les drapeaux européens de leurs mairies.
Pour Édouard Philippe, la suite se joue maintenant. Le Havre est acquis, la légitimité locale est confirmée. Il va falloir construire un projet national, trouver un positionnement clair entre le macronisme en déclin et une droite classique en quête de leader. Dans une France où la dette explose, où les profs font grève et où le pétrole flambe, est-ce que le calme méthodique de l'ancien Premier ministre suffira à convaincre les Français qu'il est l'homme de la situation ?