Au 4e trimestre 2025, l’emploi salarié reculerait encore de 40 000 postes, selon l’Insee. En clair, l’économie française montre un léger mieux sur le papier, mais cette petite embellie ne suffit pas à relancer les embauches. Résultat, le chômage repartirait à la hausse dans les prochains mois.
Une économie qui respire un peu, sans vraiment recruter
L’Insee décrit un scénario assez frustrant, l’activité ralentit moins qu’attendu, mais le marché du travail ne suit pas. Autrement dit, la croissance ne s’effondre pas, pourtant les entreprises restent prudentes. Quand la visibilité est faible, les patrons retardent les recrutements, freinent les remplacements et limitent les créations de postes. Cette mécanique touche surtout l’emploi salarié, qui continuerait donc de baisser après plusieurs signaux déjà moins bons.
Ce décalage entre activité et emploi n’est pas totalement inédit. Une économie peut se stabiliser sans créer immédiatement du travail, surtout après une période de tensions sur les coûts, de consommation hésitante et d’incertitudes internationales. Les entreprises cherchent d’abord à sécuriser leurs marges avant d’ouvrir de nouveaux postes. Pour les jeunes actifs et les profils en début de carrière, cela peut se traduire par plus de concurrence sur les offres et des embauches plus lentes.
Le chômage remonte, et ce n’est pas juste un détail statistique
Quand l’emploi salarié recule, la conséquence logique finit par apparaître dans les chiffres du chômage. L’Insee anticipe ainsi une remontée du taux de chômage à l’horizon des prochains trimestres. Ce n’est pas seulement une variation technique, cela raconte un marché du travail qui devient plus sélectif. Les contrats se raréfient, certaines missions d’intérim disparaissent et les secteurs les plus sensibles à la demande coupent en priorité dans leurs effectifs temporaires.
Pour les 18-35 ans, le sujet est loin d’être abstrait. Ce sont souvent eux qui occupent les contrats les plus précaires, les postes de transition ou les premières expériences professionnelles. Quand l’économie hésite, ce sont aussi eux qui encaissent les premiers ralentissements. Le risque, c’est une insertion plus compliquée pour les nouveaux diplômés et des trajectoires professionnelles plus instables pour ceux qui enchaînent déjà les contrats courts.
Ce que ça dit pour 2026, entre prudence et attentes
Le message de l’Insee est donc nuancé, il n’y a pas d’effondrement, mais pas non plus de vraie reprise de l’emploi. En économie, ce genre de phase compte beaucoup, parce qu’elle pèse sur la confiance des ménages, sur la consommation et sur les choix des entreprises. Si la croissance se raffermit vraiment, les recrutements pourraient repartir avec retard. Mais si l’activité reste trop molle, la hausse du chômage pourrait durer plus longtemps que prévu. La vraie question, maintenant, c’est de savoir quand la petite amélioration économique cessera enfin d’être invisible dans la vie concrète des travailleurs.