L'Office for National Statistics vient de publier ses chiffres : l'inflation au Royaume-Uni s'établit à 3,0% sur les douze mois à février 2026, stable par rapport à janvier. En incluant les coûts de logement des propriétaires occupants, l'indice CPIH grimpe à 3,2%. Des chiffres qui semblent raisonnables, mais qui masquent des réalités très différentes selon les ménages.
Stable ne veut pas dire réglé : le piège de l'inflation persistante
Quand les économistes disent que l'inflation est «stable», attention à ne pas y lire «le problème est résolu». Stable à 3%, c'est encore 50% au-dessus de l'objectif de 2% que se fixent la Banque d'Angleterre et la Banque centrale européenne. En clair : les prix continuent de monter, juste un peu moins vite qu'avant. Pour les ménages, ça reste une pression réelle sur le pouvoir d'achat, mois après mois. Ce qui inquiète davantage les analystes, c'est l'inflation des prix à la production, qui atteint 3,6% en février. Les prix à la production, c'est ce que paient les industriels pour leurs matières premières et leur énergie. Quand ils montent, ça finit toujours par se répercuter sur les étiquettes en rayon, avec quelques mois de décalage. Autrement dit, la pression sur les prix de consommation n'est peut-être pas encore entièrement absorbée. Le marché immobilier britannique, lui, continue sa propre trajectoire avec un indice des prix des logements à 140,1, soit 40% au-dessus de son niveau de référence. Pour les jeunes Britanniques qui cherchent à acheter ou même à louer, c'est un mur supplémentaire dans un contexte déjà tendu.
Ce que l'inflation britannique dit de la situation en France et en Europe
Les chiffres britanniques ne sont pas anecdotiques pour nous. Le Royaume-Uni, même post-Brexit, reste un baromètre économique utile pour lire les tendances européennes. Les dynamiques d'inflation que traverse le Royaume-Uni, avec un coût du logement qui tire les indices vers le haut et des prix à la production qui résistent, se retrouvent à des degrés divers en France, en Allemagne et dans toute la zone euro. En France, l'inflation a également ralenti mais reste au-dessus des niveaux d'avant 2022. Le pouvoir d'achat des ménages, surtout des moins de 35 ans qui n'ont pas encore accédé à la propriété et qui subissent de plein fouet la hausse des loyers, reste le sujet économique numéro un du quinquennat. Les banques centrales jouent leur partition habituelle, maintenir les taux d'intérêt élevés pour calmer l'inflation, mais ces mêmes taux élevés rendent le crédit immobilier hors de portée pour une génération entière.
Les taux vont-ils enfin baisser, ou on attend encore ?
La grande question des prochains mois reste celle des décisions de la BCE et de la Banque d'Angleterre sur leurs taux directeurs. Une baisse permettrait de relancer le crédit et de soulager les emprunteurs, mais risquerait de relancer l'inflation si elle intervient trop tôt. Est-ce que 2026 sera enfin l'année où les jeunes ménages retrouvent un accès réaliste au crédit immobilier, ou est-ce qu'on va encore devoir attendre ?