L’inflation pourrait remonter à 4 % dès l’automne, selon Marc Touati, alors qu’elle évoluait récemment sur un rythme bien plus modéré. Pour les ménages, ça veut dire une pression plus forte sur l’alimentaire, l’énergie et les dépenses du quotidien. Et derrière les prix, l’économiste voit aussi arriver un risque plus discret, mais très concret, une dégradation de l’emploi.
Le retour de la hausse des prix, et pas juste sur le ticket de caisse
Marc Touati estime que la parenthèse d’accalmie pourrait être courte. Son scénario repose sur plusieurs facteurs, notamment les tensions sur les coûts de production, les incertitudes énergétiques et un environnement international qui reste instable. Dit autrement, même si l’inflation avait ralenti ces derniers mois, rien ne garantit que cette détente va durer. Si les prix repartent, l’effet ne se limite pas aux courses du supermarché. Les loyers, les transports, les assurances ou encore les loisirs peuvent aussi suivre la même pente. Pour les jeunes actifs, les étudiants et les foyers déjà à budget serré, quelques points d’inflation en plus peuvent vite grignoter le reste à vivre. Et quand les salaires n’augmentent pas au même rythme, la sensation de déclassement revient très vite.
Pourquoi le chômage pourrait redevenir un vrai sujet
L’autre alerte de Marc Touati concerne le marché du travail. Si l’activité économique ralentit, les entreprises peuvent freiner sur les embauches, repousser des investissements ou réduire la voilure. Ce n’est pas forcément une explosion immédiate du chômage, mais plutôt une mécanique progressive, avec moins d’offres, plus d’attentisme et une insertion plus compliquée pour les profils les plus fragiles. En clair, quand les carnets de commandes sont moins remplis et que les coûts augmentent, les patrons deviennent prudents. Dans ce climat, les contrats courts sont souvent les premiers touchés. Pour les 18-35 ans, qui sont nombreux à naviguer entre CDD, intérim, alternance ou premier job, le signal n’est pas anodin. Une économie qui tousse, c’est souvent une jeunesse qui galère davantage à entrer ou rester sur le marché.
Le vrai test, ce sera l’automne
La prévision de Marc Touati ne fait pas office de vérité absolue, mais elle remet une question au centre du jeu, est-ce que la France a vraiment tourné la page du choc inflationniste ? Tout va se jouer sur l’évolution de l’énergie, de la consommation et de la confiance des entreprises. Si les prix repartent et que l’emploi ralentit en même temps, le cocktail peut devenir politiquement et socialement explosif. Les prochains mois seront donc scrutés de près, autant par les économistes que par les ménages. Reste à voir si l’automne confirmera ce scénario noir, ou s’il ne s’agit que d’une alerte de plus dans une économie devenue imprévisible.