Santé

Le froid tue 20 fois plus que la chaleur, révèle une étude sur 14 millions de décès

Une étude américaine portant sur 14 millions de décès montre que le froid cause 40 000 morts cardiovasculaires par an, contre 2 000 pour la chaleur. La température idéale serait de 23 °C.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Illustration sante
Illustration sante| Photo d'illustration

En analysant 14 millions de certificats de décès aux États-Unis entre 2000 et 2020, des chercheurs ont découvert que le froid est un facteur de mortalité cardiovasculaire vingt fois plus important que la chaleur. Chaque année, environ 40 000 personnes meurent de causes cardiaques liées au froid, contre 2 000 pour la chaleur. Des chiffres publiés dans l'American Journal of Preventive Cardiology qui bousculent pas mal d'idées reçues.

On parle beaucoup des canicules, presque jamais du froid qui tue

Depuis quelques années, l'été est devenu synonyme de danger. Alertes canicule, plans de prévention, fontaines publiques, appels à s'hydrater. Et c'est légitime, la chaleur extrême tue. Mais ces données montrent que le frai quotidien, celui des matins de janvier ou des nuits de novembre, fait beaucoup plus de dégâts sur le long terme. Le problème, c'est qu'il ne fait pas la une des journaux.

Le froid agit sournoisement sur le système cardiovasculaire. Il provoque une vasoconstriction, c'est-à-dire un resserrement des vaisseaux sanguins qui augmente la pression artérielle. Le sang devient plus visqueux, le cœur doit pomper plus fort. Pour les personnes fragiles, âgées ou déjà malades du cœur, c'est un facteur de risque permanent pendant plusieurs mois de l'année. Pas besoin de températures extrêmes pour que ça devienne dangereux.

23 °C, le chiffre magique pour votre cœur

Les chercheurs ont identifié une température optimale de 23 °C, celle à laquelle la mortalité cardiovasculaire est la plus basse. En dessous, le risque augmente progressivement. Au-dessus aussi, mais de manière beaucoup moins marquée. Le rapport est clair : pour chaque décès lié à la chaleur, le froid en cause vingt.

Ce qui rend ces résultats importants, c'est qu'ils posent la question de nos priorités en santé publique. Les politiques de prévention sont massivement orientées vers les épisodes de chaleur, surtout depuis la canicule de 2003 en France qui avait provoqué près de 15 000 morts. Mais la mortalité hivernale chronique, moins spectaculaire, moins visible, reste largement sous-investie en matière de prévention et de communication.

Ce que ça change dans un monde qui se réchauffe

On pourrait penser que le réchauffement climatique va régler le problème. Moins de froid, moins de morts. Certains modèles suggèrent effectivement une légère baisse de la mortalité hivernale dans les décennies à venir. Mais c'est plus compliqué que ça. Les vagues de froid intense ne vont pas disparaître, elles pourraient même devenir plus brutales à cause du dérèglement du vortex polaire. Et les épisodes de chaleur extrême vont s'intensifier en parallèle.

Cette étude pose une question simple mais dérangeante : si le froid tue vingt fois plus que le chaud, pourquoi dépense-t-on vingt fois plus d'énergie médiatique et politique à parler des canicules ?

Mots-cles

#froid#mortalité#cardiovasculaire#santé-publique#température

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