Politique

Roussel propose de nationaliser TotalEnergies si le groupe refuse de baisser ses marges

Le patron du PCF veut plafonner le gazole à 1,60 euro le litre. Les sénateurs communistes vont déposer une proposition de loi pour encadrer les marges des raffineurs.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

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Roussel propose de nationaliser TotalEnergies si le groupe refuse de baisser ses
Roussel propose de nationaliser TotalEnergies si le groupe refuse de baisser ses| Photo d'illustration

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, a proposé ce 1er avril sur France Inter de nationaliser TotalEnergies si le groupe pétrolier « ne s'exécute pas à baisser ses marges ». Le PCF veut plafonner les prix de l'essence et du gazole à 1,60 euro le litre « le temps que la crise passe ». Une proposition de loi sera déposée par les sénateurs communistes pour encadrer les marges des raffineurs.

TotalEnergies dans le viseur, 70 millions jugés « très loin du compte »

Le raisonnement de Roussel est simple. Le gazole bat des records à 2,20 euros le litre. TotalEnergies engrange des profits colossaux grâce à la flambée du pétrole. Pendant ce temps, le gouvernement distribue 70 millions d'euros d'aides ciblées aux secteurs les plus touchés, transporteurs, pêcheurs et agriculteurs. « C'est très loin du compte », dénonce le patron du PCF.

Sa solution : forcer TotalEnergies à comprimer ses marges de raffinage. « TotalEnergies doit aujourd'hui accompagner la France, accompagner nos entreprises et les ménages français et non pas se faire du beurre sur le pétrole. » Si le groupe refuse, Roussel est clair : nationalisation. « On doit reprendre la main sur nos matières premières et l'énergie. » Il élargit même le combat à l'électricité, appelant à « reprendre la main sur le prix de l'électricité avec une entreprise publique » pour offrir l'énergie « la moins chère de toute l'Europe ».

Plafonner à 1,60 euro, est-ce réaliste ?

Le chiffre fait réagir. Plafonner le gazole à 1,60 euro quand il est à 2,20 euro, cela représente un écart de 60 centimes par litre. Avec 28 millions de tonnes de gazole consommées chaque année en France, la facture serait astronomique. Qui paie la différence ? Le contribuable via le budget de l'État, déjà dans le rouge ? TotalEnergies via une compression forcée de ses marges ? Les deux à la fois ? Roussel ne détaille pas le mécanisme de financement, mais il mise sur l'idée qu'un pétrolier français qui bat des records de profits pendant que les Français n'arrivent plus à faire le plein est politiquement intenable.

La proposition de loi des sénateurs communistes vise à encadrer légalement les marges des raffineurs. Un dispositif qui existe dans d'autres pays européens sous des formes variées. L'Espagne a plafonné les prix pendant la crise ukrainienne. Le Portugal a taxé les surprofits des énergéticiens. La France, elle, a préféré les ristournes temporaires et les chèques énergie, des mesures que tout le monde a oubliées sitôt qu'elles ont expiré.

Nationaliser Total, le retour d'un vieux débat

L'idée de nationaliser un champion national du CAC 40 fait sourire à droite et rêver à gauche. TotalEnergies pèse plus de 150 milliards d'euros en bourse. L'État n'a ni les moyens ni probablement la volonté d'une telle opération. Mais Roussel ne joue pas sur le terrain de la faisabilité technique. Il pose une question politique que beaucoup de Français se posent au moment de payer leur plein : quand le pétrole monte, les profits de Total explosent, mais quand les prix retombent, les Français n'en voient jamais la couleur. Est-ce que la crise d'Ormuz sera celle qui fera basculer le débat sur le contrôle public de l'énergie, ou est-ce que tout le monde aura oublié dès que le litre redescendra sous les deux euros ?

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#totalenergies#nationalisation#roussel#carburant#pcf

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