Santé

Santé intime : 40 % des jeunes femmes préfèrent demander à une IA qu'au médecin

Une enquête sur 3 000 femmes révèle qu'elles consultent ChatGPT plutôt que leur gynécologue. 36 % des 20-29 ans font plus confiance à l'IA qu'à un médecin.

IW

La rédaction

Rédaction InfoWebMédia

·3 min de lecture
Santé intime : 40 % des jeunes femmes préfèrent demander à une IA qu'au médecin
Santé intime : 40 % des jeunes femmes préfèrent demander à une IA qu'au médecin| Photo d'illustration

Selon une enquête menée par Intimina auprès de 3 000 femmes de 20 à 50 ans en France, en Italie et au Royaume-Uni, 40 % des jeunes femmes se tournent vers l'intelligence artificielle pour des questions de santé intime. Plus inquiétant, 36 % des 20-29 ans déclarent faire davantage confiance à une IA qu'à un médecin pour obtenir un diagnostic. Le taux d'erreur des IA en matière médicale est pourtant de 20 %.

Trop cher d'aller chez le médecin, ChatGPT est gratuit

Le moteur de ce basculement n'est pas la technophilie. C'est l'argent. 50 % des femmes interrogées ont déjà renoncé à consulter un médecin ou à acheter les médicaments prescrits pour des raisons financières. Le coût de la consultation, du trajet, du traitement : quand tout s'additionne, l'IA gratuite et disponible 24 heures sur 24 devient une alternative tentante. 40 % des femmes ont même attendu que leurs symptômes deviennent sérieux avant d'acheter un traitement, simplement à cause de l'augmentation du coût de la vie.

Le phénomène touche particulièrement les 20-29 ans. 55 % des jeunes femmes se tournent vers l'IA pour obtenir un diagnostic. 34 % l'utilisent pour « comprendre si leurs symptômes sont assez graves pour aller consulter ». Chez les plus de 40 ans, ces chiffres tombent à 26 % et 18 %. La génération qui a grandi avec les smartphones fait naturellement confiance à un outil numérique pour répondre à ses questions de santé, y compris les plus intimes.

Photos intimes envoyées à l'IA, la « roulette russe numérique »

Le détail le plus frappant de l'enquête : 40 % des femmes d'une vingtaine d'années accepteraient d'envoyer des photos et des données sensibles concernant leur historique sexuel à une IA. Des informations personnelles, potentiellement stockées sur des serveurs dont personne ne maîtrise la sécurité, et qui pourraient un jour être piratées ou exploitées commercialement. Dunja Kokotovic, directrice d'Intimina, parle de « roulette russe numérique » avec la santé.

Car les IA ne sont pas réglementées pour le diagnostic médical. Elles ne sont pas soumises aux mêmes obligations qu'un médecin. Elles ne connaissent pas votre historique, ne peuvent pas vous examiner, et se trompent une fois sur cinq. Parmi les femmes qui se sont auto-diagnostiquées via l'IA, 13 % ont constaté que leur problème de santé était devenu plus difficile à traiter par la suite. 9 % ont vu leur problème revenir plus fréquemment. Un mauvais diagnostic ne fait pas gagner du temps, il en fait perdre, et il coûte souvent plus cher au bout du compte.

Un symptôme du système de santé, pas un caprice de génération

Accuser les jeunes femmes d'imprudence serait passer à côté du vrai problème. Si 50 % des femmes renoncent à voir un médecin pour des raisons financières, ce n'est pas l'IA qu'il faut blâmer, c'est un système de santé qui rend la consultation inaccessible. Déserts médicaux, dépassements d'honoraires, délais de rendez-vous de plusieurs mois chez le gynécologue. Quand le parcours de soin devient un parcours du combattant, faut-il s'étonner que les patientes cherchent des réponses ailleurs, même si « ailleurs » est un chatbot qui se trompe une fois sur cinq ?

Sources

Mots-cles

#santé-des-femmes#intelligence-artificielle#diagnostic#gynécologie#accès-aux-soins

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