Le FMI s’attend à une inflation de 2,6% dans la zone euro cette année, contre 2,1% prévu jusque-là, tandis que la croissance tomberait à 1,1% après 1,4% en 2025. En clair, les prix repartent un peu à la hausse au moment même où l’économie européenne perd du rythme, un cocktail jamais très confortable pour les ménages comme pour les entreprises.
Des prix plus chauds que prévu
Dans sa mise à jour des perspectives mondiales, le Fonds monétaire international estime que le choc géopolitique au Moyen-Orient risque de peser directement sur les prix, surtout via l’énergie. Si le pétrole et le gaz restent tendus, la facture se transmet vite au transport, à l’alimentation et à une partie des biens du quotidien. Résultat, la désinflation espérée devient plus lente. Pour les consommateurs européens, cela veut dire que l’impression de payer cher pourrait durer plus longtemps, même si on reste loin des pics observés après l’invasion de l’Ukraine.
Le chiffre de 2,6% n’a rien d’anodin. La Banque centrale européenne vise une inflation autour de 2% à moyen terme. Tant que l’indice reste au-dessus, la BCE doit avancer avec prudence sur ses taux. Autrement dit, l’idée d’un assouplissement monétaire rapide pourrait se compliquer. Les marchés, eux, scrutent désormais moins la baisse des prix que le risque d’un nouveau palier d’inflation alimenté par les tensions internationales.
Une croissance qui tourne au ralenti
En parallèle, le FMI revoit la croissance de la zone euro à 1,1% cette année. Ce n’est pas une récession, mais ce n’est pas franchement une bonne nouvelle non plus. L’industrie reste fragile, la consommation avance sans grand élan et l’investissement pâtit encore du coût du crédit. Quand l’énergie redevient une source d’incertitude, les entreprises hésitent davantage à embaucher ou à lancer de nouveaux projets.
Le problème, c’est que cette combinaison, inflation plus élevée et activité plus molle, réduit la marge de manœuvre des gouvernements. Aider le pouvoir d’achat coûte cher, soutenir l’économie aussi, alors que beaucoup de pays doivent déjà tenir leurs finances publiques. Pour la zone euro, la vraie question n’est donc plus seulement de savoir quand les prix reviendront à la normale, mais si le bloc peut retrouver un peu d’élan sans nouveau choc extérieur.
L’Europe peut-elle éviter l’économie sous tension ?
Tout va maintenant dépendre de l’évolution du conflit au Moyen-Orient, du niveau des prix de l’énergie et de la réaction de la BCE. Si les tensions se calment, la poussée inflationniste pourrait rester limitée. Si elles s’installent, l’Europe pourrait entrer dans une phase plus inconfortable, avec des prix encore trop hauts et une croissance trop faible. La suite se joue donc autant sur les marchés que sur le terrain diplomatique, et c’est peut-être là que se décidera le vrai tempo de l’économie européenne.